Publié le 5 novembre 2024 à 20h18. Une vague de cambriolages, incluant des homejackings de plus en plus violents, inquiète la Suisse romande, où le nombre de ces délits a explosé ces dernières années. Les forces de l’ordre pointent également du doigt une implication croissante de groupes criminels français.
- Le nombre de cambriolages a augmenté de près de 50 % en Suisse depuis 2021.
- La Suisse romande enregistre des taux de cambriolages bien supérieurs à la moyenne nationale, notamment à Genève et Neuchâtel.
- Les homejackings, cambriolages commis en présence des occupants, sont en hausse et deviennent plus lucratifs que les braquages de commerces.
Ces dernières années, la Suisse a vu une augmentation significative du nombre de cambriolages. Selon les données de l’Office fédéral de la statistique citées par SRF News, ce chiffre a bondi de près de 50 % depuis 2021. Si la tendance est nationale, certains cantons de Suisse romande sont particulièrement touchés.
À Genève, on dénombre en moyenne 8,5 cambriolages pour 1 000 foyers, un chiffre presque trois fois supérieur à la moyenne suisse (3 cambriolages pour 1 000 foyers). Neuchâtel (3,6), Vaud (5,4), le Jura et Bâle (4,1) affichent également des taux d’effraction nettement plus élevés que la moyenne nationale.
Les cambriolages ciblant les particuliers sont plus rentables
Un phénomène particulièrement préoccupant émerge : la multiplication des homejackings. Ces cambriolages, commis en présence des occupants, impliquent souvent de la violence et sont de plus en plus prisés par les criminels. Marc Gygli, chef de la brigade genevoise de lutte contre la délinquance des gangs, explique que ces délits sont désormais plus lucratifs que les braquages de magasins : «Les bijoutiers et les banques ont considérablement renforcé leurs mesures de sécurité. Les attaquer nécessite une infrastructure très complexe », a-t-il déclaré lors d’une émission de la RTS.
« Impossible d’atteindre mon bouton d’alarme »
Christophe, banquier à la retraite et victime de homejacking
Christophe, un banquier retraité, a été victime d’un homejacking dans sa villa en juin dernier. Il témoigne : « J’ai un bouton d’alarme, mais je ne pouvais pas l’atteindre parce que je ne pouvais pas bouger d’un pouce », a-t-il raconté. Les agresseurs l’ont roué de coups, insulté et menacé.
Il n’est qu’une des trois victimes de homejacking recensées à Genève ces derniers mois dans la commune de Vandœuvres. Les autorités locales envisagent désormais l’installation de caméras de surveillance publiques et demandent le soutien du canton. Ces agressions ont des conséquences graves pour les victimes, mais elles fragilisent également le sentiment de sécurité dans toute la Suisse : « La sécurité physique fait partie de l’ADN de la Suisse. C’est notre plus grand atout : si nous la perdons, les gens partiront », avertit Édouard Cuendet, élu municipal de Cologny.
Cambriolages dans des garages et magasins d’armes : des pistes mènent à la France
Les autorités et les experts en sécurité relient ces affaires de homejacking à des groupes criminels opérant depuis la France. Une série d’effractions et de tentatives d’effraction dans des garages de voitures de luxe a également été constatée, impliquant principalement des auteurs français. La plupart des jeunes voleurs de voitures impliqués sont d’origine française. De plus, le nombre de tentatives d’effraction dans les magasins d’armes a augmenté, suscitant l’inquiétude des garagistes qui craignent que les agresseurs ne recourent à la violence pour parvenir à leurs fins. Ils redoutent une escalade de la violence.
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