Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une étude de longue haleine révèle qu’une activité physique modérée, comme une marche quotidienne de 5 000 à 7 500 pas, pourrait significativement ralentir le déclin cognitif chez les personnes âgées, en agissant sur les mécanismes biologiques liés à la maladie d’Alzheimer.
- Marcher entre 5 000 et 7 500 pas par jour est associé à un ralentissement du déclin cognitif chez les seniors.
- L’activité physique régulière semble freiner la propagation de la protéine tau, impliquée dans la maladie d’Alzheimer.
- L’étude souligne l’importance d’une activité physique régulière, même modérée, pour la santé cérébrale.
Une simple promenade quotidienne pourrait être un allié précieux pour préserver les fonctions cognitives avec l’âge. Des recherches récentes mettent en évidence un lien significatif entre l’activité physique et la santé du cerveau, suggérant qu’une marche régulière peut réduire le risque de déclin cognitif chez les personnes âgées. L’étude, menée sur une période de 14 ans, a suivi près de 300 participants.
Les chercheurs se sont concentrés sur deux protéines clés dans le développement de la maladie d’Alzheimer : la protéine amyloïde, qui s’accumule en premier, et la protéine tau, dont l’accumulation est particulièrement néfaste pour les cellules cérébrales et conduit à des troubles de la mémoire. Ils ont constaté que même chez les personnes présentant déjà des taux élevés d’amyloïde, l’exercice physique quotidien permettait de ralentir la propagation de la protéine tau, contribuant ainsi à maintenir les fonctions cognitives plus longtemps.
L’étude a suivi 296 personnes âgées, toutes initialement dotées d’une mémoire saine. Pendant une semaine, chaque participant a porté un podomètre pour mesurer son niveau d’activité. Ils ont ensuite été soumis à des examens réguliers, incluant des scanners cérébraux. Les résultats ont révélé que les participants les moins actifs ont perdu en moyenne 2,5 points à des tests cognitifs sur une période de neuf ans. En revanche, ceux qui marchaient entre 5 000 et 7 500 pas par jour (environ 4 à 5 kilomètres) n’ont perdu que 1,1 point, soit une baisse plus de deux fois plus lente.
Il est intéressant de noter que dépasser les 7 500 pas quotidiens n’a pas entraîné d’amélioration supplémentaire significative. Cet objectif, relativement accessible, pourrait donc constituer une cible réaliste pour de nombreuses personnes âgées, en comparaison avec l’objectif souvent évoqué de 10 000 pas, qui peut sembler intimidant.
Cependant, les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une étude observationnelle qui établit une corrélation, et non une preuve définitive que la marche prévient la maladie d’Alzheimer. Il est possible que les personnes plus actives soient globalement en meilleure santé et aient donc naturellement une meilleure fonction cognitive.
De plus, la mesure de l’activité physique n’a été effectuée qu’une seule fois au début de l’étude, et le groupe de participants était principalement composé d’Américains en bonne santé et ayant un niveau d’éducation élevé. Il est donc important de considérer ces limites et de ne pas généraliser ces résultats à l’ensemble de la population.
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