Home SantéVos microbes intestinaux pourraient transformer les fibres en calories supplémentaires

Vos microbes intestinaux pourraient transformer les fibres en calories supplémentaires

by Sophie Martin

Un nouveau regard sur la digestion révèle que la composition de notre flore intestinale pourrait influencer la quantité de calories que nous tirons de nos aliments. Des chercheurs de l’Arizona State University ont découvert que certains microbes présents dans l’intestin produisent du méthane, un gaz qui semble jouer un rôle clé dans l’absorption énergétique, en particulier avec les aliments riches en fibres.

L’étude, publiée dans la revue ISMEl, met en évidence l’existence de micro-organismes appelés méthanogènes, capables de consommer l’hydrogène produit lors de la fermentation des fibres par d’autres bactéries intestinales. Ce processus libère du méthane, un gaz jusqu’alors peu associé à l’humain, et semble lié à une digestion plus efficace.

Les chercheurs ont mené une expérience rigoureuse avec des participants vivant pendant six jours dans des chambres calorimétriques, des environnements isolés permettant de mesurer précisément le métabolisme et la production de méthane. Les participants ont suivi deux régimes différents : un riche en aliments transformés et pauvre en fibres, et un autre axé sur les aliments entiers et les fibres. Les résultats ont montré que les personnes produisant davantage de méthane absorbaient plus de calories provenant des aliments riches en fibres.

« Cette différence a des implications importantes pour les interventions diététiques. Elle montre que les personnes suivant le même régime peuvent réagir différemment, en partie à cause de la composition de leur microbiome intestinal », explique Blake Dirks, chercheur diplômé au Biodesign Center for Health Through Microbiomes de l’ASU.

Le microbiome intestinal, l’ensemble des microbes vivant dans notre tube digestif, est unique à chaque individu. Même si tout le monde en possède un, la quantité de méthane produite varie considérablement d’une personne à l’autre. Les fibres alimentaires, décomposées par les microbes en acides gras à chaîne courte (AGCC), constituent une source d’énergie précieuse. Les méthanogènes, en consommant l’hydrogène libéré lors de ce processus, contribuent à maintenir l’équilibre de la digestion.

« Le corps humain lui-même ne produit pas de méthane, seuls les microbes le font. Nous avons donc suggéré qu’il pourrait s’agir d’un biomarqueur signalant une production microbienne efficace d’acides gras à chaîne courte », précise Rosy Krajmalnik-Brown, directrice du Biodesign Center for Health Through Microbiomes.

À ce stade, les chercheurs soulignent que les aliments riches en fibres restent bénéfiques pour la santé. Cependant, cette étude ouvre la voie à une nutrition personnalisée, où les régimes alimentaires seraient adaptés à l’activité microbienne spécifique de chaque personne. Des recherches supplémentaires sont prévues pour explorer l’impact de ces découvertes sur des populations souffrant d’obésité, de diabète ou d’autres problèmes de santé.

« Vous pouvez voir à quel point il est important que le microbiome soit personnalisé », conclut Krajmalnik-Brown. « Plus précisément, le régime alimentaire que nous avons conçu avec tant de soin pour améliorer le microbiome pour cette expérience a eu des effets différents sur chaque personne, en partie parce que le microbiome de certaines personnes produisait plus de méthane que d’autres. »

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