Home SantéVous cherchez à vaincre le cancer du côlon ? Les médicaments GLP-1 pourraient être des médicaments puissants

Vous cherchez à vaincre le cancer du côlon ? Les médicaments GLP-1 pourraient être des médicaments puissants

by Sophie Martin

Publié le 15 novembre 2023. Des médicaments initialement conçus pour traiter le diabète et l’obésité, comme l’Ozempic et le Wegovy, pourraient offrir une protection inattendue aux patients atteints de cancer du côlon, en particulier ceux en surpoids ou obèses, selon une nouvelle étude.

  • Une étude menée sur plus de 6 900 patients révèle que ceux traités avec des agonistes du GLP-1 présentent un taux de mortalité significativement plus faible dans les cinq ans suivant un diagnostic de cancer du côlon.
  • Les bénéfices semblent plus prononcés chez les patients obèses, suggérant un lien entre l’amélioration de la santé métabolique et la survie.
  • Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour déterminer si cet effet est directement lié aux médicaments ou à une amélioration globale de l’état de santé.

Des médicaments comme l’Ozempic et le Wegovy, appartenant à la classe des agonistes du GLP-1 (glucagon-like peptide-1), sont de plus en plus prescrits pour la gestion du diabète de type 2 et de l’obésité. Des recherches récentes suggèrent que leurs effets bénéfiques pourraient s’étendre à d’autres pathologies graves, allant des maladies cardiaques aux troubles liés aux addictions. Une nouvelle étude, menée par des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego, apporte désormais un éclairage prometteur sur leur potentiel dans la lutte contre le cancer du côlon.

L’étude, portant sur les données de santé de 6 900 patients diagnostiqués avec un cancer du côlon au sein du système de santé de l’Université de Californie, a révélé des différences notables en matière de survie. Parmi les participants, 50,9 % étaient des hommes, et l’âge moyen était de 70,8 ans. Les patients traités avec des agonistes du GLP-1 affichaient un indice de masse corporelle (IMC) moyen de 26,4 (surpoids), contre 32,1 (obésité) pour ceux qui n’en prenaient pas. Les résultats indiquent que 15,5 % des patients sous GLP-1 sont décédés dans les cinq ans, comparativement à 37,1 % dans le groupe témoin.

Selon le Dr Raphael E. Cuomo, professeur de médecine à l’Université de Californie à San Diego et auteur principal de l’étude, l’amélioration de la santé métabolique pourrait jouer un rôle clé dans ces résultats.

« Le message principal est que l’amélioration de la santé métabolique peut faire plus que réduire la glycémie ou aider à perdre du poids – elle pourrait également aider les personnes atteintes d’un cancer du côlon à vivre plus longtemps, en particulier lorsque l’obésité est grave. »

Raphael E. Cuomo, MPH, PhD

Les bénéfices en matière de survie semblent particulièrement significatifs chez les patients obèses, avec un IMC supérieur à 35. Le Dr Cuomo explique que ce résultat n’est pas surprenant, étant donné que les agonistes du GLP-1 ciblent des facteurs de risque connus du cancer du côlon, tels que la résistance à l’insuline et l’inflammation chronique. Il souligne que ces médicaments pourraient influencer non seulement le développement du cancer, mais aussi son évolution et le pronostic des patients.

Le Dr Joël Saltzman, expert de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) et hématologue oncologue à la Cleveland Clinic dans l’Ohio, confirme l’importance de ces découvertes.

« Nous savons qu’il existe déjà de nombreuses preuves démontrant que l’obésité est un facteur de risque indépendant pour le développement du cancer du côlon. Je tiens à souligner que nous pensons que le cancer du côlon pourrait en être une composante du syndrome métabolique et que l’obésité en fait partie. »

Joël Saltzman, MD

Il précise qu’il ne s’agit pas d’une surprise, mais d’une observation encourageante.

Il est important de noter que cette étude est de nature observationnelle, ce qui signifie qu’elle ne peut établir qu’une corrélation, et non un lien de causalité direct. D’autres facteurs pourraient expliquer les résultats positifs observés. De plus, les données disponibles sur la posologie, la durée du traitement et l’observance thérapeutique étaient incomplètes pour certains participants, ce qui limite la généralisation des conclusions.

Le Dr Saltzman insiste sur le fait que l’utilisation des agonistes du GLP-1 ne doit pas être considérée comme une solution miracle.

« Je dis aux patients d’utiliser [un diagnostic de cancer] comme une opportunité de retrouver la santé. Et il ne fait aucun doute que ce groupe de médicaments est extrêmement utile aux personnes souffrant de faire de l’exercice et toujours obèses. Donc, si tel est le cas, demandez à votre médecin si ces médicaments peuvent être utilisés en plus de l’exercice. »

Joël Saltzman, MD

Il souligne que ces médicaments sont particulièrement bénéfiques pour la prévention des maladies cardiovasculaires et rénales, et que leur potentiel effet positif sur le cancer du côlon est un atout supplémentaire.

Les chercheurs appellent à la réalisation d’études plus approfondies pour mieux comprendre les mécanismes d’action des agonistes du GLP-1 et leur impact sur la survie des patients atteints de cancer du côlon. Ils suggèrent que le traitement de l’ensemble du contexte métabolique et cardiovasculaire du patient, et pas seulement de la tumeur, pourrait devenir une approche thérapeutique prometteuse. En attendant, ils recommandent de poursuivre les dépistages réguliers du cancer du côlon, notamment par coloscopie, en fonction de l’âge et de l’état de santé de chaque individu. Guide de la coloscopie.

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