Les allergies pourraient bientôt être combattues par la lumière. Des chercheurs américains ont découvert que la lumière ultraviolette (UV) pourrait désactiver les allergènes présents dans l’air, ouvrant la voie à de nouvelles solutions pour soulager les personnes souffrant d’allergies aux animaux, aux moisissures ou aux pollens.
L’allergie n’est pas une réaction à l’animal ou à la plante elle-même, mais à des protéines spécifiques qu’ils sécrètent. Prenons l’exemple de la protéine Fel d1, présente dans la salive des chats et se déposant sur leurs poils, puis se dispersant dans l’air. C’est cette protéine qui déclenche la réaction allergique en activant le système immunitaire et la production d’anticorps. Jusqu’à présent, la seule solution efficace restait un nettoyage méticuleux de l’environnement.
Une équipe de microbiologistes de l’Université du Colorado, dirigée par Tess Eidem, a exploré une approche alternative : modifier la structure des allergènes pour les rendre inoffensifs pour le système immunitaire. « Si votre système immunitaire est habitué à reconnaître un cygne, et que vous modifiez la protéine pour qu’elle ne ressemble plus à un cygne, il ne réagira plus », explique la chercheuse, utilisant l’analogie d’un origami.
Les premiers résultats, publiés dans la revue ACS ES&T Air, sont encourageants. L’équipe a testé des lampes UV émettant une longueur d’onde de 222 nanomètres – inférieure à celle utilisée pour la désinfection hospitalière. Dans une chambre expérimentale, après avoir diffusé des allergènes d’acariens, de squames animales et de pollen, l’activation de quatre lampes UV 222 par intervalles de dix minutes a permis de réduire le taux d’allergènes d’environ 25 % en une demi-heure. Pour la protéine Fel d1, la diminution observée a atteint 61 % après 40 minutes d’exposition. Les concentrations d’aéroallergènes ont été mesurées à l’aide d’un test immunologique basé sur les anticorps.
À ce stade, les lampes UV 222 sont principalement utilisées dans des contextes industriels ou hospitaliers. La professeure Eidem espère que cette technologie deviendra bientôt accessible au grand public, permettant ainsi de rendre les visites chez des amis possédant des animaux plus agréables pour les personnes allergiques. Ce besoin est d’autant plus urgent que les crises d’asthme, souvent déclenchées par des allergies, sont responsables d’environ 10 décès par jour aux États-Unis, selon les estimations de l’équipe de recherche.
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