Publié le 5 décembre 2023 à 18h30. Les marchés américains ont affiché une journée contrastée mardi, plombés par des inquiétudes persistantes concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale et des résultats d’entreprises décevants, tandis que l’Europe a également connu une baisse généralisée.
- Wall Street a clôturé en ordre dispersé : le Nasdaq a progressé, tandis que le S&P 500 et le Dow Jones ont reculé.
- Les données sur l’emploi aux États-Unis, bien que globalement positives, n’ont pas dissipé les incertitudes quant à l’orientation future de la Fed.
- Les bourses européennes ont suivi la tendance baissière, affectées par un ralentissement de la croissance économique en Allemagne et des tensions géopolitiques.
Les principaux indices de Wall Street ont connu des mouvements divergents mardi. Le Nasdaq Composite a terminé la journée sur une note positive, gagnant 54,05 points (0,23%) pour atteindre 23 111,46 unités. À l’inverse, le S&P 500 a cédé 16,42 points (0,24%) pour clôturer à 6 800,09 points, et le Dow Jones Industrial Average a perdu 302,67 points (0,63%), terminant à 48 113,89 points. Cette journée mitigée reflète la prudence des investisseurs, qui analysent attentivement les données économiques récentes pour anticiper les prochaines décisions de la Réserve fédérale (Fed) en matière de politique monétaire.
Le département du Travail américain a publié un rapport indiquant une reprise de la croissance de l’emploi en novembre, après une contraction en octobre due à des réductions des dépenses publiques. Cependant, le taux de chômage est resté stable à 4,6% en novembre, signalant un certain affaiblissement du marché du travail dans un contexte économique incertain, exacerbé par la politique commerciale du président Donald Trump. Ces chiffres offrent une image plus claire de la situation de l’emploi, après que la fermeture partielle du gouvernement ait temporairement limité l’accès aux données officielles.
Le secteur de la santé a particulièrement pesé sur les indices, notamment en raison du recul de l’action Pfizer. Le groupe pharmaceutique a anticipé des difficultés pour l’année 2026, liées à une baisse des ventes de ses produits liés à la COVID-19 et à une réduction de ses marges bénéficiaires. Le S&P 500 et le Nasdaq ont évolué près de leurs plus bas niveaux de ces trois dernières semaines, dans un climat d’incertitude concernant d’éventuelles baisses de taux d’intérêt et l’impact des valorisations élevées des entreprises technologiques sur la confiance des investisseurs.
En Europe, les actions ont également subi des pressions. L’indice paneuropéen STOXX600 a diminué de 0,4%, s’établissant à 580,08 points, effaçant une partie des gains enregistrés la veille, lorsque l’indice avait enregistré sa plus forte hausse en près de trois semaines. La plupart des principales bourses européennes ont terminé en territoire négatif, avec des baisses de 0,6% pour les indices londoniens et allemands. Les données préliminaires de l’indice des directeurs d’achat (PMI), compilées par S&P Global, ont révélé un ralentissement de la croissance du secteur privé en Allemagne pour le deuxième mois consécutif en décembre. Une estimation préliminaire pour la France indique également une croissance à peine perceptible.
Les entreprises du secteur de la défense ont été particulièrement touchées, suite aux garanties de sécurité fournies par les États-Unis à Kiev, similaires à celles de l’OTAN, et aux informations concernant des progrès dans les négociations européennes visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Rheinmetall a perdu 4,6%, Hensoldt 3,7% et Leonardo 4%. L’indice sectoriel .SXPARO a chuté de 1,8%, enregistrant sa plus forte baisse quotidienne depuis plus de deux semaines.
Le secteur de l’énergie a également été en baisse, l’indice .SXEP perdant 1,9% en raison de la baisse des prix du pétrole. À l’inverse, les compagnies aériennes easyJet et Lufthansa ont progressé, gagnant respectivement 3,2% et 1,3%. Dans un contexte plus positif, le secteur financier a affiché une hausse de 1,2%, avec une augmentation de 3,8% pour l’action UBS après que BofA Global Research ait relevé sa recommandation de « neutre » à « acheter ».
Les inquiétudes concernant les valorisations ont continué de peser sur le secteur technologique, avec des baisses de 2,4% pour ASML et de 1,4% pour SAP.
(Avec des informations de Reuters)
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