Le documentaire « Qui a tué les Expos de Montréal ? », lancé sur Netflix, ravive un sentiment d’amertume chez les amateurs de baseball canadiens, alors que l’excitation autour de la potentielle participation des Blue Jays de Toronto à la Série mondiale 2025 bat son plein. Le film explore les raisons complexes qui ont mené au déménagement de l’équipe vers Washington en 2005, ravivant le souvenir d’une promesse brisée en 1994.
Le documentaire, qui s’inspire du style du succès « The Last Dance » sur Michael Jordan et les Chicago Bulls, se concentre principalement sur les décisions administratives qui ont scellé le destin des Expos. Il rappelle une époque où l’équipe était en tête du classement en 1994, prête à disputer sa première, et unique, Série mondiale, avant que la saison ne soit brutalement interrompue par une grève des joueurs en août.
Le réalisateur Jean-François Poisson ne cherche pas un coupable unique, mais explore plutôt un ensemble de facteurs qui ont contribué à la disparition de l’équipe. Parmi ceux-ci figurent l’état délabré du Stade olympique, le manque de soutien provincial pour la construction d’un nouveau stade, la faiblesse du dollar canadien et une succession de mauvaises gestions au sein de la direction. L’influence du capitalisme est également pointée du doigt.
David Samson, ancien vice-président exécutif, est présenté comme l’un des principaux responsables, mais il se défend en affirmant qu’il ne porte qu’une partie de la responsabilité. « Je partage une responsabilité partielle, mais pas totale, pour la mort de l’équipe », explique-t-il dans le documentaire.
Le film excelle particulièrement lorsqu’il met en lumière les émotions suscitées par la disparition des Expos. Il témoigne de l’attachement persistant des Canadiens à leur ancienne équipe et de la frustration liée à son départ. L’enthousiasme actuel pour les Blue Jays, qui pourraient participer à la Série mondiale 2025, est teinté d’un regret : celui de ne pas avoir pu vivre cette expérience avec les Expos.
Si le documentaire utilise parfois des images d’erreurs sur le terrain – un joueur ratant une prise facile ou percutant le mur des champs extérieurs – pour illustrer les erreurs de gestion, il manque la présence d’une figure charismatique comme Michael Jordan, qui avait incarné « The Last Dance ». Le baseball, dans ce contexte, n’est qu’un décor pour mettre en évidence les défaillances de la direction.
Le lancement de ce documentaire, à un moment où le baseball canadien connaît un regain d’intérêt, souligne l’importance de l’héritage des Expos et la nostalgie qu’ils suscitent encore aujourd’hui.