Publié le 7 décembre 2023 18:30. Microsoft accélère le déploiement de la dernière mise à jour de Windows 11, l’imposant désormais automatiquement à tous les ordinateurs compatibles à travers le monde, une stratégie motivée par la fin du support de Windows 10 en octobre 2025.
- La mise à jour 25H2 est déployée automatiquement sur des millions de PC, grâce à un système d’apprentissage automatique.
- Des bugs ont été signalés par les utilisateurs, notamment un effet de scintillement et la disparition du bouton de mot de passe à l’écran de connexion.
- Microsoft justifie cette approche par la nécessité d’assurer la sécurité des utilisateurs et de faciliter la transition vers une version à jour du système d’exploitation.
Microsoft passe à la vitesse supérieure dans la diffusion de Windows 11. Ce qui nécessitait auparavant une intervention manuelle de l’utilisateur est désormais activé de manière proactive sur des millions d’ordinateurs depuis le week-end dernier. L’entreprise utilise un système d’apprentissage automatique pour déterminer quels PC sont prêts à recevoir la mise à jour et la télécharge en arrière-plan.
Cette stratégie s’inscrit dans un calendrier précis : la fin du support de Windows 10 est prévue pour octobre 2025. Microsoft souhaite ainsi inciter sa base d’utilisateurs à migrer vers une version actuelle et sécurisée de son système d’exploitation. En Allemagne, par exemple, des millions d’appareils qui n’avaient pas encore reçu la mise à jour pourraient être concernés par ce déploiement massif.
Depuis vendredi, plusieurs sources, dont Windows Central et Neowin, font état de la même chose : la version 25H2 n’est plus seulement proposée, elle est installée automatiquement. Microsoft a d’ailleurs mis à jour sa documentation de déploiement, indiquant désormais que la mise à jour est « disponible pour tous les appareils Windows 11 éligibles », sans aucune condition.
Le système d’apprentissage automatique analyse la configuration de chaque PC pour évaluer sa compatibilité et télécharge la mise à jour en arrière-plan. Les utilisateurs des éditions Home et Pro dont les ordinateurs ne sont pas gérés par un service informatique verront la mise à jour installée automatiquement, ce qui réduit considérablement leur marge de manœuvre.
Cette approche n’est pas sans risque. De nombreux utilisateurs de Windows 10 rencontrent des difficultés lors de la migration vers Windows 11, notamment des problèmes de compatibilité qui peuvent entraîner la perte de données ou de paramètres. Pour accompagner les utilisateurs dans cette transition, un rapport gratuit propose un guide étape par étape pour migrer en toute sécurité ses programmes et fichiers personnels, gérer les mises à jour et éviter les pièges courants.
Pourquoi cette accélération ? Selon une analyse de Forbes, près de 500 millions d’utilisateurs hésitent encore à effectuer la mise à jour vers Windows 11, alors que la version 23H2 approche de la fin de son support. Microsoft semble vouloir éviter que des centaines de milliers d’ordinateurs ne se retrouvent vulnérables en raison d’un manque de mises à jour de sécurité.
Installation rapide, mais pas sans contretemps
Pour la plupart des utilisateurs, la transition se déroule sans problème. Ceux qui ont déjà installé la version 24H2 ne recevront qu’un « package d’activation », un fichier de quelques centaines de kilo-octets. Une analyse technique réalisée par Computer Bild confirme que les nouvelles fonctionnalités sont déjà présentes dans le système, mais n’étaient pas encore activées.
Cette mini-mise à jour agit comme un simple interrupteur : elle augmente le numéro de version et déverrouille les fonctions dormantes. Un redémarrage suffit, et l’installation ne prend que quelques minutes, contrairement à des heures auparavant. L’avantage majeur est que cette mise à jour assure une assistance technique jusqu’en octobre 2027, contre octobre 2026 pour la version précédente.
Cependant, cette rapidité a un prix. Au cours des 72 dernières heures, de plus en plus de bugs ont été signalés dans la mise à jour cumulative KB5070311, fournie avec la 25H2.
Effet « flashbang » et boutons de connexion manquants
Un bug particulièrement gênant pour les utilisateurs du mode sombre est un bref scintillement d’un écran blanc lumineux lors de l’ouverture de nouveaux onglets ou fenêtres dans l’explorateur de fichiers. Ce problème, surnommé « flashbang », a été documenté en détail par PC Gamer et Neowin. Pour les personnes sensibles à la lumière, ce scintillement peut être particulièrement désagréable.
Un problème plus grave a été signalé par Computer Bild vendredi : chez certains utilisateurs, le bouton de mot de passe disparaît complètement de l’écran de connexion. Bien qu’il reste fonctionnel, il faut cliquer aveuglément à l’endroit où il se trouve. Une situation absurde pour se connecter à son ordinateur.
Microsoft a officiellement reconnu ces erreurs et promet une correction avec le « Patch Tuesday » du 9 décembre prochain. En attendant, les utilisateurs concernés devront composer avec ces anomalies ou retarder la mise à jour.
Pression stratégique sur les utilisateurs hésitants
Ce déploiement forcé n’est pas le fruit du hasard. Avec la fin du support de Windows 10, des centaines de millions de PC risquent de se retrouver sans mises à jour de sécurité gratuites. De nombreux appareils sont techniquement compatibles avec Windows 11, mais leurs propriétaires hésitent à effectuer la transition.
La nouvelle stratégie de distribution contraint ces utilisateurs à agir. Tous ceux qui possèdent un ordinateur compatible et ont activé les mises à jour automatiques verront la version 25H2 installée dans les prochains jours, qu’ils le souhaitent ou non.
Cette mise à jour apporte également des avantages aux entreprises, notamment des améliorations du Wi-Fi 7 pour les réseaux d’entreprise et une compatibilité fonctionnelle avec la version 24H2, ce qui en fait un choix à faible risque pour les services informatiques. La version 25H2 ne propose pas d’innovations majeures, mais plutôt une consolidation des fonctionnalités existantes.
Perspectives : le calme avant la tempête ?
Microsoft semble s’installer dans un rythme prévisible : des mises à jour annuelles des fonctionnalités, alternant entre des refontes majeures de la plateforme et des packages d’activation stabilisants. Le numéro de version « 26H2 » est déjà en cours de développement pour fin 2026.
La question reste de savoir si les utilisateurs doivent mettre à jour immédiatement ou attendre le correctif de mardi. La réponse dépend de leur tolérance au risque. S’ils préfèrent la prudence, il est conseillé d’attendre les corrections de bugs. Ceux qui privilégient une assistance technique prolongée peuvent installer la mise à jour sans hésitation, les bugs étant considérés comme mineurs.
Une chose est certaine : l’ère où les utilisateurs pouvaient choisir librement le moment de recevoir une mise à jour Windows est révolue.
PS : Si vous souhaitez aborder sereinement le déploiement forcé de la 25H2, le rapport gratuit propose des listes de contrôle pratiques et une stratégie pour gérer les erreurs courantes. Des conseils de sauvegarde à la création d’une image de récupération en passant par une liste prioritaire des mises à jour à installer en urgence, tout est expliqué de manière concise. Vous garderez ainsi le contrôle, même si Microsoft distribue automatiquement la mise à jour.
