Home SantéY a-t-il vraiment une épidémie de cancer uniquement chez les jeunes ? L’étude qui la remet en question, à une exception près

Y a-t-il vraiment une épidémie de cancer uniquement chez les jeunes ? L’étude qui la remet en question, à une exception près

by Sophie Martin

Publié le 2024-10-26 18:30:00. Une nouvelle étude internationale remet en question l’idée que la hausse des cas de cancer ne concerne que les jeunes adultes, révélant une augmentation significative de l’incidence de la maladie dans toutes les tranches d’âge.

  • Une étude publiée dans Annales de médecine interne montre une augmentation de 75 % de l’incidence du cancer dans 42 pays sur 15 ans.
  • L’étude analyse 13 types de cancer et constate une augmentation chez les adultes jeunes (20-49 ans) et plus âgés (50-69 ans).
  • Les experts soulignent la nécessité d’une allocation plus équilibrée des ressources de recherche et de prévention, en tenant compte de l’impact du cancer sur toutes les générations.

Alors que de nombreuses recherches récentes suggéraient une prévalence accrue du cancer chez les jeunes adultes, avec une augmentation de 79 % des nouveaux cas chez les moins de 50 ans entre 1990 et 2019, selon le magazine BMJ Oncologie (étude du BMJ Oncologie), une nouvelle étude internationale apporte un éclairage différent. Les raisons de cette augmentation, initialement attribuées aux habitudes de vie et à un dépistage plus fréquent, sont désormais remises en question.

Publiée dans Annales de médecine interne, cette recherche menée par des scientifiques de l’Institut de recherche sur le cancer de Londres (Institut de recherche sur le cancer de Londres) révèle une augmentation de l’incidence du cancer dans les deux groupes d’âge (jeunes et plus âgés) dans 75 % des 42 pays analysés sur une période de 15 ans. L’étude a porté sur 13 types de cancer, dont l’incidence semblait croître particulièrement chez les jeunes adultes dans de nombreux pays.

Les chercheurs ont systématiquement comparé les tendances récentes de l’incidence du cancer chez les adultes jeunes (20 à 49 ans) et plus âgés (50 à 69 ans). Selon Kristian Helin, directeur général de l’Institut de recherche sur le cancer de Londres, ces résultats « offrent une vision plus claire de ce qui se passe et remettent en question l’idée selon laquelle la hausse des taux de cancer ne touche que les jeunes ».

Amy Berrington, responsable du groupe d’épidémiologie clinique du cancer de l’organisation anglaise, met en garde contre un risque d’allocation inappropriée des ressources destinées à la recherche et à l’intervention si l’attention se concentre uniquement sur les jeunes adultes. Elle souligne que « les statistiques continuent de montrer que le cancer reste une maladie qui touche majoritairement les personnes âgées ». Montserrat García-Closas, chercheuse espagnole impliquée dans l’étude, partage cet avis, insistant sur l’importance d’étudier les causes de l’augmentation des tendances du cancer, non seulement chez les jeunes, mais aussi chez les personnes âgées.

L’analyse révèle une augmentation des taux de cancer de la thyroïde, du sein, des reins, de l’endomètre et de la leucémie chez les jeunes adultes. Cependant, les tendances observées chez les plus de 50 ans ne sont pas significativement différentes pour ces cinq types de cancer. En revanche, les taux d’incidence du cancer du foie, de la bouche, de l’œsophage et de l’estomac ont diminué chez les jeunes adultes dans plus de la moitié des pays étudiés, contrairement aux rapports précédents qui les incluaient dans l’épidémie mondiale de cancers précoces.

Le cancer colorectal se distingue particulièrement, avec une augmentation plus rapide de son incidence chez les jeunes adultes que chez les personnes âgées dans environ 30 % des pays étudiés. Amy Berrington pointe vers un diagnostic plus approfondi comme facteur explicatif : « Il est possible que cette différence soit due au dépistage du cancer de l’intestin (dépistage du cancer colorectal) régulièrement proposé aux personnes âgées. Cela permet non seulement de détecter le cancer à un stade précoce, mais aussi de le prévenir en éliminant les lésions précancéreuses. »

José Alexandro Pérez-Fidalgo, porte-parole de la Société Espagnole d’Oncologie Médicale (Société Espagnole d’Oncologie Médicale), souligne que chaque pays présente des facteurs génétiques et environnementaux spécifiques qui peuvent influencer l’incidence du cancer, et qu’il convient donc d’être prudent dans l’interprétation des résultats. Il suggère que la modification des habitudes de vie, notamment l’évolution vers un régime alimentaire moins méditerranéen, plus riche en protéines animales et moins riche en légumes, légumineuses et fruits, pourrait expliquer l’augmentation du cancer colorectal chez les jeunes adultes. Ces derniers aliments sont reconnus pour leurs propriétés protectrices contre ce type de cancer.

Montserrat García-Closas insiste sur la nécessité d’identifier les causes de l’augmentation des cas observés et d’y remédier par des stratégies de prévention. Elle souligne également que l’augmentation de l’obésité dans de nombreux pays pourrait expliquer, au moins en partie, certaines des augmentations identifiées. Des efforts continus pour réduire les tendances de l’obésité (obésité) pourraient donc avoir un impact positif sur les tendances du cancer et contribuer à les ralentir ou à les inverser.

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