Publié le 30 novembre 2023. L’Australie s’apprête à interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, une mesure qui suscite la controverse et soulève des inquiétudes quant à la sécurité des jeunes utilisateurs, notamment chez YouTube qui craint une perte de contrôle parental.
- À partir du 10 décembre, les plateformes comme YouTube, Facebook, TikTok et Instagram seront inaccessibles aux mineurs de moins de 16 ans.
- YouTube critique la loi, arguant qu’elle affaiblira les outils de contrôle parental et pourrait paradoxalement rendre les enfants moins sûrs en ligne.
- Le gouvernement australien se concentre également sur des applications émergentes comme Lemon8 et Yope, pour s’assurer qu’elles respectent la nouvelle réglementation.
L’annonce de cette interdiction, inscrite dans la loi sur l’âge minimum d’accès aux réseaux sociaux, intervient après que le gouvernement australien a retiré une exemption accordée à YouTube en juillet dernier. La décision faisait suite à des signalements croissants de contenu préjudiciable auquel étaient exposés les enfants âgés de 10 à 15 ans sur la plateforme. La commissaire à la sécurité électronique avait alors affirmé que YouTube était « la plateforme la plus fréquemment citée » dans ces cas.
YouTube se dit prêt à se conformer à la loi, mais dénonce une « réglementation précipitée » qui ne prend pas en compte la complexité de sa plateforme et la manière dont les jeunes Australiens l’utilisent. Rachel Lord, responsable des politiques publiques chez Google et YouTube Australie, a déclaré :
« Cette loi ne tiendra pas sa promesse de rendre les enfants plus sûrs en ligne et rendra en fait les enfants australiens moins sûrs sur YouTube. »
Rachel Lord, responsable des politiques publiques chez Google et YouTube Australie
Elle souligne que les parents et les éducateurs partagent ces préoccupations et craignent la perte des outils de contrôle parental, tels que la possibilité de superviser les comptes, de définir des paramètres de contenu ou de bloquer des chaînes.
À partir du 10 décembre, les utilisateurs de moins de 16 ans seront automatiquement déconnectés de leurs comptes YouTube et ne pourront plus publier de contenu ou de commentaires. Les paramètres de bien-être, comme les rappels pour faire une pause, ne seront plus disponibles pour les mineurs car ils sont liés à l’existence d’un compte. Google, la société mère de YouTube, aurait même envisagé d’engager une action en justice pour contester l’inclusion de la plateforme dans l’interdiction, mais n’a pas confirmé cette information.
La ministre des Communications, Anika Wells, a réagi aux critiques de YouTube en estimant qu’il était « carrément bizarre » que la plateforme mette en avant les dangers de son propre service pour les enfants.
« Si YouTube nous rappelle à tous qu’il n’est pas sûr… c’est un problème que YouTube doit résoudre. »
Anika Wells, ministre des Communications
Elle a également prévenu que des difficultés de mise en œuvre étaient à prévoir dans les premières semaines suivant l’entrée en vigueur de la loi, appelant à la patience.
Le gouvernement australien s’intéresse également à d’autres plateformes, notamment Lemon8, une application de partage de vidéos et de photos appartenant aux créateurs de TikTok, et Yope, qui ont connu une augmentation soudaine de leur nombre de téléchargements à l’approche de l’interdiction. La commissaire à la sécurité électronique, Julie Inman Grant, a demandé à ces applications de s’auto-évaluer pour déterminer si elles sont concernées par la nouvelle réglementation. Les entreprises technologiques devront par ailleurs fournir des rapports semestriels sur le nombre de comptes détenus par des utilisateurs de moins de 16 ans, sous peine d’amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (33 millions de dollars américains, 25 millions de livres sterling).
Outre YouTube, Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat, X (anciennement Twitter), Twitch, Threads, Reddit et Kick sont également concernés par cette interdiction.
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