Home NouvellesYuriy Aslanov : Si le projet de Radev apparaît sur le terrain, cela affectera radicalement le résultat des éventuelles élections ᐉ Nouvelles de Fakti.bg – Bulgarie

Yuriy Aslanov : Si le projet de Radev apparaît sur le terrain, cela affectera radicalement le résultat des éventuelles élections ᐉ Nouvelles de Fakti.bg – Bulgarie

by Nicolas Lefèvre

Publié le 11 décembre 2025 à 19h35. La démission du gouvernement bulgare, conséquence directe d’une vague de protestations populaires, ouvre une période d’incertitude politique marquée par la possibilité d’élections anticipées et l’influence grandissante du président Radev.

  • La démission du Premier ministre Jeliazkov est perçue comme une réponse à la pression de la rue et aux dissensions internes au sein de la coalition au pouvoir.
  • Les prochaines élections législatives anticipées s’annoncent imprévisibles, avec l’émergence potentielle de nouveaux acteurs politiques et le rôle clé du projet politique du président Radev.
  • L’introduction de l’euro en Bulgarie pourrait également alimenter de nouvelles tensions sociales et politiques dans les mois à venir.

La démission du gouvernement bulgare était attendue, selon le sociologue Yuri Aslanov, intervenant sur la radio “Focus” dans l’émission “La Bulgarie, l’Europe et le monde en bref”. Il estime que l’exécutif n’aurait pas pu ignorer plus longtemps la colère populaire.

Les manifestants réclament des responsabilités politiques, le départ du gouvernement actuel et l’organisation d’élections libres et transparentes, afin d’élire des représentants plus intègres et attentifs aux préoccupations de la population.

« La protestation veut que les hommes politiques assument leurs responsabilités, que le gouvernement démissionne et que des élections équitables soient organisées, qui produiront des hommes politiques plus responsables que les actuels, qui cesseront de voler et seront plus sensibles aux difficultés et aux souffrances du peuple. »

Yuri Aslanov, sociologue

Les prochaines élections législatives anticipées semblent de plus en plus probables, mais leur issue demeure incertaine. Plusieurs facteurs pourraient influencer le résultat, notamment l’arrivée de nouveaux partis sur la scène politique et, surtout, la concrétisation du projet politique du président Radev. La situation géopolitique internationale joue également un rôle non négligeable dans le contexte bulgare. De plus, l’introduction de l’euro dans le pays, dont les conséquences socio-économiques sont encore difficiles à évaluer, pourrait engendrer de nouvelles tensions.

Selon Aslanov, la démission de Jeliazkov n’est pas seulement le fruit de la pression exercée par les manifestants, mais également le résultat d’un malaise au sein de la majorité gouvernementale, notamment en ce qui concerne la figure controversée de Peevski, devenu l’un des personnages les plus détestés du pays. Il reste à voir si cette manœuvre tactique portera ses fruits.

L’influence du président Radev pourrait être déterminante. Si son projet politique parvient à s’imposer dans le paysage parlementaire, il modifiera profondément l’équilibre des pouvoirs et aura un impact majeur sur les prochaines élections. Cependant, Aslanov nuance son optimisme : si le président délègue son projet à une entité politique dirigée par d’autres, il ne s’attend pas à des résultats significatifs.

« Si le président ne le fait pas personnellement, mais reconnaît à nouveau comme son projet une entité politique qui n’est pas dirigée par lui, je n’attends pas de miracles de la part de ceux qui se présentent à ce projet. Il est clair que les gens veulent le voir personnellement. »

Yuri Aslanov, sociologue

Le BSP et le parti “Il existe un tel peuple” de Slavi Trifonov pourraient être particulièrement désavantagés par l’émergence d’un tel projet, en raison de leur participation au gouvernement impopulaire en place. Le PP-DB, qui a joué un rôle dans les protestations, pourrait en bénéficier, mais Aslanov souligne que l’opinion publique ne le perçoit pas encore comme une alternative crédible.

« Il serait difficile de les qualifier d’alternative, car ils ne constituent pas une nouvelle force politique, comme ils l’étaient dans les années 2020, lorsqu’ils sont apparus après les manifestations. Ils sont bien connus et, en outre, on soupçonne qu’ils ne feront rien de leur propre chef, ils formeront à nouveau une sorte de “rassemblement”. Si cela se produit, ce sera la fin de la carrière politique de cette entité politique car elle ne sera pas pardonnée. »

Yuri Aslanov, sociologue

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