Une perquisition menée dans les archives présidentielles coréennes a permis de saisir des données potentiellement liées à une tentative de destruction de preuves concernant la loi martiale d’urgence du 3 décembre. L’enquête, menée par un procureur spécial, vise à déterminer si des ordinateurs du bureau présidentiel ont été vidés de leur contenu sur instruction de hauts responsables.
Selon des informations révélées le 12 mai, l’équipe du procureur spécial Cho Eun-seok a examiné les archives présidentielles et sécurisé des données relatives à la suppression d’informations sur les ordinateurs du bureau présidentiel. L’enquête porte notamment sur les circonstances dans lesquelles le bureau présidentiel aurait cherché à détruire des documents après une demande de conservation émanant du Bureau d’enquête sur la criminalité des hauts fonctionnaires (Bureau d’enquête sur la corruption).
En décembre dernier, ce bureau avait demandé l’interdiction de détruire les documents relatifs à la loi martiale détenus par la présidence et d’autres administrations. Un mois plus tard, les Archives nationales de Corée avaient effectivement interdit la destruction de ces documents, en vertu de l’article 27, paragraphe 3 de la loi sur la gestion des archives publiques, qui permet d’interdire la destruction d’archives sur demande d’un organisme d’enquête ou en cas d’urgence pour protéger les droits et les intérêts de la population.
L’ancien chef de cabinet présidentiel, Jeong Jin-seok, est au centre de l’enquête. Il est soupçonné d’avoir ordonné la destruction des données informatiques. L’ancien secrétaire général, Yoon Jae-soon, est également visé, accusé d’avoir demandé en février dernier, un mois avant la mise en accusation de l’ancien président Yoon Seok-yeol, à des employés de préparer un « plan B » pour réinitialiser les ordinateurs du bureau présidentiel. Jeong Jin-seok aurait été informé de ce plan en avril.
Le bureau présidentiel de Yoon Seok-yeol a réfuté ces allégations en mai, affirmant : « Nous avons pris toutes les mesures légalement, conformément à la loi sur les archives présidentielles. » Selon la présidence, les archives ont été transférées aux Archives présidentielles selon les procédures établies et n’ont subi aucune altération ni dissimulation.
Un groupe civique avait déposé une plainte en juin contre Jeong Jin-seok et Yoon Jae-soon pour abus de pouvoir, entrave à l’exercice des droits, destruction de preuves, dommages aux biens publics et violation de la loi sur les archives présidentielles. Le procureur spécial entend désormais vérifier si les actions de Jeong Jin-seok et d’autres responsables étaient conformes à la législation en vigueur et s’il y a eu des instructions de destruction allant au-delà des procédures de stockage habituelles.
L’analyse des données saisies devrait prendre du temps, et le procureur spécial envisage de transférer l’affaire à la Direction nationale des enquêtes de la police.
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