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Des milliards pour la guerre de Poutine par l’exportation de gaz vers l’UE

by Amélie Bernard

Publié le 30 septembre 2025 à 13h16. Malgré la guerre en Ukraine, la Russie continue de tirer profit des exportations de gaz vers l’Union européenne, un commerce qui finance indirectement l’effort de guerre, selon une nouvelle étude de Greenpeace.

  • Entre janvier et août 2025, l’UE a importé 12,8 milliards de mètres cubes (BCM) de gaz naturel liquéfié (GNL) russe.
  • Entre 2022 et 2024, la société russe Yamal LNG aurait généré 40 milliards de dollars de revenus, dont 9,5 milliards en impôts versés au Trésor russe.
  • Les importations européennes de GNL russe dépassent l’aide financière bilatérale fournie à l’Ukraine sur la même période.

L’étude de Greenpeace, publiée à Copenhague, révèle que des entreprises allemandes et d’autres États membres de l’UE continuent de réaliser des transactions énergétiques significatives avec la Russie. Les livraisons de gaz par gazoduc ont certes diminué, mais les importations de GNL russe restent élevées, atteignant 12,8 milliards de mètres cubes (BCM) au cours des huit premiers mois de l’année 2025, selon l’enquête de Greenpeace intitulée « The LNG Trap ».

Ce volume se rapproche des 15,9 milliards de mètres cubes de GNL importés sur l’ensemble de l’année 2021, avant le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’étude met en lumière le paradoxe d’une réduction des livraisons par gazoduc compensée par une augmentation des importations de GNL.

Beaucoup d’argent pour le trésor de guerre russe

Selon les estimations de Greenpeace, la société Yamal LNG a accumulé un total de 40 milliards de dollars de revenus entre 2022 et 2024, versant environ 9,5 milliards de dollars d’impôts sur les bénéfices au gouvernement russe. L’organisation identifie TotalEnergies (France), Sefe (Allemagne) et Naturgy (Espagne) comme les principaux clients européens de Yamal LNG.

TotalEnergies aurait contribué à hauteur de 2,5 milliards de dollars aux recettes fiscales russes, Sefe à 1,45 milliard de dollars et Naturgy à 1,25 milliard de dollars. Greenpeace souligne que ces fonds permettent à la Russie de financer son effort de guerre : avec 9,5 milliards de dollars, Moscou pourrait acquérir environ 271 000 drones d’attaque de type iranien ou 9,5 millions d’obus d’artillerie de 152 mm. Cette quantité d’obus équivaut à environ trois ans de la production annuelle russe actuelle, estimée à trois millions de tirs.

Plus d’argent pour la Russie que pour l’Ukraine

L’étude révèle que les quatre pays européens les plus importateurs de GNL russe – la France, l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas – ont dépensé plus pour l’importation de GNL russe entre 2022 et juin 2025 (34,3 milliards d’euros) que le montant total de l’aide bilatérale fournie à l’Ukraine sur la même période (21,2 milliards d’euros).

Greenpeace met également en évidence la participation importante de TotalEnergies dans Yamal LNG (20 %) et dans sa société mère Novatek (19,4 %). Le groupe français entretient, selon l’organisation, des liens étroits avec le régime de Vladimir Poutine.

TotalEnergies aurait bénéficié de ces participations pendant la crise énergétique, recevant environ 5,06 milliards de dollars de dividendes de Yamal LNG et 1,74 milliard de dollars supplémentaires de Novatek depuis 2022.

Contrats de livraison à long terme

Les entreprises énergétiques européennes justifient le maintien de leurs activités avec Yamal LNG par des besoins énergétiques importants et l’existence de contrats à long terme. C’est notamment le cas de Sefe, anciennement Gazprom Germania, filiale de la société d’État russe Gazprom, qui a été nationalisée suite à l’invasion de l’Ukraine.

Sefe est liée par un contrat avec Yamal LNG jusqu’en 2038. Le ministère fédéral de l’économie allemand a souligné qu’il n’existe aucune sanction concernant le GNL russe et que les contrats doivent donc être respectés.

Les livraisons américaines créent également une dépendance

Greenpeace critique également la dépendance croissante de l’Europe aux importations de gaz américain. L’augmentation des importations de gaz américain expose l’Europe à l’agenda politique du président américain Donald Trump, considéré comme un partenaire de moins en moins fiable.

Selon les experts de Greenpeace, la seule solution pour sortir de ce « piège à gaz » est de mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles et de s’orienter vers un système énergétique basé sur les énergies renouvelables produites localement.

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