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Comment l’exercice améliore la longévité du système immunitaire

by Sophie Martin

Publié le 12 octobre 2024. Une étude internationale révèle que l’exercice physique régulier, en particulier l’entraînement en résistance, renforce le système immunitaire des personnes âgées, améliorant leur capacité à combattre les infections et à réguler l’inflammation.

  • L’entraînement en résistance à long terme modifie positivement la fonction des cellules tueuses naturelles (NK), essentielles à la défense immunitaire.
  • Les personnes âgées pratiquant régulièrement une activité physique présentent une réponse inflammatoire plus équilibrée et une meilleure efficacité métabolique de leurs cellules NK.
  • La recherche suggère que le système immunitaire, comme les muscles, peut être entraîné et adapté grâce à l’exercice physique.

Des décennies de recherches ont mis en évidence les bienfaits de l’activité physique sur la santé cardiovasculaire et musculaire. Mais une étude récente, menée par une équipe internationale impliquant l’Université d’État de São Paulo (UNESP) au Brésil et l’Université Juste Liebig de Giessen (JLU) en Allemagne, démontre que l’exercice physique régulier, et plus particulièrement l’entraînement en résistance, peut véritablement « façonner » le système immunitaire, offrant aux personnes âgées une défense plus efficace et équilibrée contre les infections et les maladies.

Les conclusions de cette étude, publiée dans la revue Scientific Reports, se basent sur l’analyse de personnes âgées, d’un âge moyen de 64 ans, ayant pratiqué un entraînement en résistance pendant plus de deux décennies – incluant des activités comme la course de fond, le vélo ou la natation. Les chercheurs se sont concentrés sur les cellules tueuses naturelles (NK), un type de lymphocytes crucial pour la surveillance et l’élimination des cellules infectées ou cancéreuses.

L’étude a révélé que les cellules NK des participants entraînés présentaient une plus grande adaptabilité, une tendance inflammatoire plus faible et une efficacité métabolique supérieure à celles des personnes sédentaires du même âge. Selon Renoon, chercheur invité à la JLU et auteur principal de l’étude,

« Chez ces individus, les cellules NK ont mieux fonctionné face à un défi inflammatoire, en plus d’utiliser l’énergie plus efficacement. C’est comme si l’exercice entraînait également le système immunitaire. »

Renoon, chercheur invité à JLU

Cette observation se traduit par une capacité accrue à répondre aux infections et un risque réduit d’inflammation chronique, un facteur important dans le vieillissement en bonne santé. Une analyse détaillée des cellules NK a révélé des différences notables entre les personnes âgées entraînées et les non-athlètes. Fábio Lira, professeur à la Faculté des Sciences et Technologies de l’UNESP et coordinateur du projet, a souligné que

« en comparant les cellules de personnes âgées entraînées avec celles de personnes non sportives du même âge, nous avons observé que ceux ayant des antécédents d’exercices de résistance avaient moins de marqueurs inflammatoires et plus de marqueurs anti-inflammatoires. »

Fábio Lira, professeur à l’UNESP

Pour comprendre les mécanismes cellulaires à l’œuvre, les chercheurs ont exposé les cellules NK à des bloqueurs pharmacologiques, tels que le propranolol, qui inhibe la voie adrénergique, et la rapamycine, qui affecte la signalisation mTORC1 liée à la croissance et à la prolifération cellulaire. Les résultats ont montré que même en bloquant ces voies, les cellules NK des personnes âgées entraînées ont maintenu leur fonction immunitaire, tandis que celles des personnes non entraînées ont montré des signes d’épuisement ou de défaillance dans la réponse inflammatoire. L’analyse mitochondriale a confirmé que les cellules NK des personnes entraînées avaient une plus grande capacité respiratoire et une meilleure forme métabolique, les rendant plus résistantes au stress inflammatoire et pharmacologique.

Une étude complémentaire a comparé la réponse immunitaire de maîtres athlètes (ayant plus de 20 ans d’entraînement) et de jeunes athlètes (ayant au moins quatre ans de pratique) après une séance d’exercice intense. Les résultats ont révélé que les athlètes vétérans présentaient une réponse inflammatoire plus contrôlée, tandis que les jeunes affichaient une augmentation plus prononcée des cytokines inflammatoires. Les chercheurs estiment que cet écart suggère qu’un entraînement continu au fil des années permet au système immunitaire d’« apprendre » à réguler l’inflammation, évitant ainsi des réactions excessives potentiellement nuisibles.

Le vieillissement est souvent associé à une diminution de la fonction immunitaire et à une augmentation de l’inflammation chronique, des facteurs contribuant au développement de maladies chroniques. Cependant, les résultats de ces études suggèrent que l’exercice physique régulier, en particulier l’entraînement en résistance, peut inverser ou atténuer ces processus, favorisant ainsi des adaptations immunométaboliques protectrices. Lira a conclu que

« L’exercice physique est l’un de ces facteurs qui peuvent bénéficier au système immunitaire, et dans ce projet de recherche, nous étudions comment il peut moduler la réponse immunitaire au fil du temps. »

Lira

Ces découvertes renforcent l’idée que le système immunitaire, à l’instar des muscles, peut être renforcé et adapté grâce à un exercice régulier. Cette capacité de réponse équilibrée et efficace est essentielle pour vieillir en bonne santé et prévenir l’apparition de réponses inflammatoires désordonnées associées à diverses maladies chroniques.

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