Publié le 19 octobre 2025 10h27. L’espace aérien suisse, perçu comme inviolable, a récemment été survolé par des drones russes, révélant des lacunes préoccupantes dans les défenses aériennes du pays et soulevant des questions sur la pertinence de sa politique de neutralité.
- Des drones russes ont pénétré l’espace aérien suisse sans être détectés, suscitant des interrogations sur l’efficacité des systèmes de surveillance.
- La Suisse dispose d’un arsenal de défense aérienne obsolète ou incomplet, incapable de répondre efficacement à une menace aérienne moderne.
- La neutralité suisse, autrefois considérée comme une garantie de sécurité, est remise en question face à l’incapacité du pays à se défendre seul.
L’incident, qui a débuté par l’observation de drones russes au-dessus de St. Margrethen, met en lumière une réalité troublante : la Suisse semble largement démunie face à une intrusion aérienne, même de drones de basse technologie. Selon les estimations, jusqu’à 19 drones russes pourraient avoir survolé le territoire suisse, un chiffre qui rappelle une récente violation similaire de l’espace aérien polonais par le même nombre d’engins.
Ces drones, des répliques iraniennes du Shahed, ne représentent pas une menace hypersonique, volant à une vitesse d’environ 200 km/h – inférieure à celle d’une Porsche Cayenne. Néanmoins, ils auraient pu atteindre la région de Zurich en un peu plus de 20 minutes, laissant à la défense suisse un temps de réaction extrêmement limité.
La réaction de l’armée suisse, qui bénéficie d’un budget annuel de six milliards de francs suisses, apparaît problématique. Un déploiement des F/A-18, les avions de chasse suisses, serait théoriquement possible, mais dépendrait de la disponibilité des pilotes et de la rapidité de la mise en alerte. De plus, les systèmes de défense aérienne sol-air, tels que le Patriot, sont coûteux (quatre millions de dollars par tir) et ne seront disponibles qu’à la fin de la décennie. Le système Rapier, autrefois utilisé pour contrer les menaces à basse altitude, a été mis hors service en 2022. Le système Mistral, plus léger (20 kg) mais également obsolète, souffre d’un manque de personnel formé pour le déployer rapidement.
L’achat récent du système d’artillerie moderne IRIS a été compromis par l’annulation de la commande de munitions, laissant le système opérationnel mais incapable de tirer. Face à cette situation, le conseiller fédéral Martin Pfister aurait sollicité l’aide de son homologue néerlandais, Mark Rutte, qui a répondu que l’incident ne relevait pas de l’OTAN. L’assistance allemande et italienne serait également limitée par la distance et les contraintes géographiques.
Dans ce scénario, les drones russes auraient pu atteindre Oerlikon et y larguer leurs explosifs sans rencontrer de résistance significative. Une attaque par un missile hypersonique lancé depuis Kaliningrad ne laisserait aucune chance à la Suisse, avec un temps d’arrivée estimé à seulement huit minutes.
Selon Max Waldmeyer, l’absence de préparation commence par l’utilisation de drones lents et peu coûteux pour tester les défenses. La neutralité suisse, autrefois perçue comme une protection, semble en réalité avantager l’agresseur. Dans un contexte d’absence d’aide extérieure, un citoyen lambda, tel que Waldmeyer, se retrouve contraint de prendre les choses en main, préparant son ancienne arme de service et se demandant comment réagir face à une menace imminente.
« Pas encore, chérie. Pas encore. »
Max Waldmeyer
Ce constat alarmant est issu d’une analyse détaillée true-economics.ch.
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