Home AffairesLe gouvernement rouge-vert de Stockholm dit non à la connexion à l’Est

Le gouvernement rouge-vert de Stockholm dit non à la connexion à l’Est

by Amélie Bernard

Publié le 24 octobre 2025 à 14h20. Après des mois de négociations tendues, le financement des futurs projets d’infrastructures de Stockholm est enfin débloqué, mais la controverse persiste autour d’un projet d’autoroute orientale jugé néfaste pour le climat et l’économie.

  • Le financement du métro futur et de la première phase du Spårväg Syd (tramway sud) est assuré grâce à un accord entre la Région de Stockholm, la Ville de Stockholm et le gouvernement central.
  • Le gouvernement de droite a conditionné ce financement à la signature d’une déclaration d’intention concernant la construction d’une liaison routière orientale, suscitant de vives critiques de la part de l’opposition.
  • Des analyses de l’Administration suédoise des transports remettent en question la viabilité économique et environnementale de cette liaison orientale, estimant son coût à au moins 34 milliards de couronnes suédoises (SEK).

Un accord a finalement été trouvé pour garantir le financement des transports en commun stockholmois. La Région et la Ville de Stockholm avaient déjà convenu de prendre en charge leur part du développement du tramway et du métro. L’approbation de l’État était la dernière étape, et elle a été obtenue grâce à la signature d’un accord qui engage le gouvernement à honorer ses engagements financiers. Cela permettra de concrétiser de nouvelles lignes, de nouvelles voies et de nouvelles stations, améliorant ainsi le quotidien des habitants de la capitale suédoise, que ce soit pour les trajets domicile-travail, les déplacements scolaires ou la qualité de l’air.

Cependant, cette avancée s’est faite au prix d’une concession controversée. Les partis de droite – les Modérés, les Démocrates suédois, les Démocrates-chrétiens et les Libéraux – ont exigé une déclaration d’intention concernant la construction d’une liaison routière orientale (Eastern Connection) en échange de leur soutien financier. Le Premier ministre suédois a été accusé de privilégier ce projet autoroutier au détriment des transports publics, y compris des lignes de métro dont la construction a déjà commencé.

La déclaration d’intention signée par l’État, la Région et les municipalités a suffi à apaiser les inquiétudes du Premier ministre Kristersson, mais n’a pas pour autant rapproché le gouvernement de son objectif de construire cette liaison orientale. La Ville de Stockholm a clairement stipulé que tous les investissements dans les infrastructures de transport doivent être basés sur des bénéfices socio-économiques et environnementaux. Par conséquent, la déclaration d’intention ne contient aucune promesse de soutien à la liaison orientale, et au contraire, souligne l’importance de privilégier des solutions plus durables.

Selon l’Administration suédoise des transports, la liaison orientale est économiquement et écologiquement injustifiable. Le projet représente une perte de plusieurs milliards de couronnes suédoises, engendrerait des coûts importants pour les habitants de Stockholm et augmenterait les émissions de gaz à effet de serre, alors que l’objectif est de les réduire. Investir massivement dans de nouvelles voies pour les voitures, alors que le réseau ferroviaire est déjà saturé et que le métro a besoin d’être étendu, apparaît comme une priorité absurde.

Les sociaux-démocrates, le Parti de gauche et les Verts de Stockholm s’opposent fermement à la liaison orientale et promettent de ne pas rester passifs face à un projet qu’ils jugent néfaste pour le climat et l’économie. Ils s’engagent à utiliser tous les moyens légaux à leur disposition pour bloquer cette initiative et à proposer une alternative claire aux électeurs lors des élections de 2026.

« Nous devons respecter la loi et partager les faits – ce que nous faisons déjà. »

Source non spécifiée dans le texte original

La déclaration d’intention stipule également que l’État prendra en charge le financement de la liaison orientale si le gouvernement en décide ainsi. Bien que cela puisse sembler évident, il est courant que l’État exige une participation financière des communes et des régions. Il est donc positif que le gouvernement de droite accepte que Stockholm ne doive pas payer pour son autoroute.

Cependant, les opposants soulignent que le coût de la liaison orientale, estimé à au moins 34 milliards de couronnes suédoises (SEK), est disproportionné par rapport à ses bénéfices, qui ne représentent qu’un tiers du coût total. Ils comparent cet échec potentiel à celui du projet Nya Karolinska, un hôpital controversé qui a connu de nombreux dépassements de budget et des retards.

En conclusion, Stockholm se positionne en opposition à la politique gouvernementale en matière de climat et de transports. Les opposants estiment que les fonds nécessaires à la liaison orientale pourraient être mieux utilisés pour améliorer le réseau ferroviaire existant et étendre le métro, des investissements plus urgents et plus bénéfiques pour l’ensemble de la Suède, y compris les zones rurales.

Le gouvernement est accusé de sacrifier le climat, les transports publics et les intérêts des régions au profit d’un projet autoroutier coûteux et inefficace. L’opposition est convaincue que les électeurs suédois souhaitent une politique plus responsable et durable, et s’engage à défendre cette vision lors des prochaines élections.

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