Publié le 28 octobre 2025 à 06h44. Des chercheurs suédois ont identifié une molécule issue du lait capable de renforcer la barrière protectrice de l’intestin, même en cas d’alimentation déséquilibrée, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies pour améliorer la santé digestive et immunitaire.
- Une molécule, le glycomacropeptide de caséine (CGMP), renforce la couche de mucus intestinal.
- Cette découverte pourrait bénéficier aux personnes suivant un régime pauvre en fibres et riche en graisses.
- Des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l’efficacité de cette molécule chez l’humain.
La santé intestinale, et plus particulièrement l’équilibre de sa flore bactérienne, est un enjeu majeur pour le bien-être général. Une alimentation riche en fibres est essentielle pour nourrir les bactéries bénéfiques qui peuplent notre intestin, mais de nombreux Suédois ont une alimentation qui ne répond pas à ces besoins, favorisant ainsi un déséquilibre.
Björn Schröder, chercheur au département de biologie moléculaire de l’Université d’Umeå, explique que les bactéries intestinales se nourrissent de fibres, mais que les régimes occidentaux, souvent riches en sucres, en graisses saturées et en aliments transformés, peuvent compromettre cette alimentation équilibrée.
Ce déséquilibre peut affaiblir la couche de mucus qui protège la paroi intestinale, la rendant plus vulnérable aux inflammations et aux infections.
« Lorsque nous suivons un régime qui ne contient pas suffisamment de fibres alimentaires, les bactéries commencent à ronger la couche de mucus trouvée dans l’intestin »,
Björn Schröder, chercheur au département de biologie moléculaire de l’Université d’Umeå
C’est dans ce contexte que les travaux de l’équipe de Björn Schröder prennent tout leur sens. Ils ont découvert que le glycomacropeptide de caséine (CGMP), une protéine naturellement présente dans le lactosérum du fromage, a des propriétés intéressantes pour renforcer cette barrière protectrice.
Leur étude, publiée dans la revue scientifique Food Research International et partiellement financée par Arla Foods Ingredients, a montré que l’ajout de CGMP à l’alimentation de souris suivant un régime occidental permettait de renforcer la couche de mucus intestinal et de favoriser la croissance des bactéries bénéfiques.
« Cette molécule a toujours existé et les gens la connaissent. Mais dans le passé, elle n’a pas été beaucoup utilisée ni étudiée pour savoir si elle pouvait avoir des fonctions biologiques »,
Björn Schröder, chercheur au département de biologie moléculaire de l’Université d’Umeå
Les chercheurs soulignent toutefois qu’il est encore trop tôt pour affirmer que ces résultats seront transposables à l’humain. Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer l’efficacité du CGMP chez l’homme.
En attendant, ils recommandent de privilégier une alimentation riche en fibres, en consommant davantage de fruits, de légumes et de céréales complètes.
« Vous devriez manger plus de fibres alimentaires. Beaucoup ne consomment pas la quantité recommandée de fibres alimentaires »,
Björn Schröder, chercheur au département de biologie moléculaire de l’Université d’Umeå
Quant à la disponibilité du CGMP en tant que complément alimentaire, il faudra probablement attendre encore quelques années, peut-être cinq ans, avant que cette option ne devienne réalité.
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