Home AffairesNotre dette nationale et nos dépenses sont en hausse malgré DOGE. Voici pourquoi.

Notre dette nationale et nos dépenses sont en hausse malgré DOGE. Voici pourquoi.

by Amélie Bernard

Publié le 24 septembre 2025 18:32:00. La dette américaine atteint des niveaux records, mais les efforts pour la maîtriser se heurtent à la réalité des dépenses obligatoires, notamment en matière de sécurité sociale et de santé, rendant les coupes budgétaires significatives particulièrement difficiles à réaliser.

  • La dette nationale américaine a atteint 37 000 milliards de dollars (37 trillions), un record.
  • Le déficit budgétaire pour l’exercice fiscal achevé le 30 septembre 2025 s’élève à 1 800 milliards de dollars (1,8 trillion), un chiffre stable par rapport à l’année précédente.
  • Les dépenses obligatoires, comme la sécurité sociale et l’assurance-maladie, sont en forte hausse et représentent un obstacle majeur à la réduction de la dette.

Malgré les promesses de réduction des dépenses et les recettes supplémentaires tirées des droits de douane, le déficit budgétaire des États-Unis reste élevé. L’administration en place a mis en œuvre diverses mesures d’austérité, notamment une réduction des effectifs de la fonction publique et la suppression de certaines agences gouvernementales, comme l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et, à terme, le ministère de l’Éducation. Cependant, ces efforts n’ont pas suffi à compenser la croissance des dépenses obligatoires.

Les dépenses fédérales globales de janvier à septembre 2025 ont augmenté d’environ 2 % par rapport à la même période en 2024. Cette augmentation est principalement due à la hausse des dépenses en matière de sécurité sociale (une augmentation de 96 milliards de dollars), d’assurance-maladie (58 milliards de dollars) et d’autres programmes de santé, notamment Medicaid (46 milliards de dollars). Les dépenses discrétionnaires, bien qu’ayant également augmenté, l’ont fait dans une moindre mesure, en raison de l’accroissement des dépenses de défense (19 milliards de dollars) et des prestations pour anciens combattants (27 milliards de dollars). Il convient également de noter l’augmentation des intérêts sur la dette nationale, qui ont grimpé de 63 milliards de dollars.

Une partie de l’augmentation des dépenses a été compensée par des économies réalisées grâce à la loi de réconciliation One Big Beautiful Bill et une réduction des dépenses consacrées aux affaires internationales (22 milliards de dollars). Toutefois, ces économies ont été largement annulées par des réductions d’impôts massives, dont une partie seulement a été financée, ainsi que par l’augmentation des dépenses de défense et de sécurité aux frontières. En conséquence, cette loi ne devrait réduire les dépenses totales que d’environ 400 milliards de dollars d’ici 2034, un montant modeste comparé aux 86 000 milliards de dollars de dépenses prévues sur la même période.

Le véritable défi réside dans la maîtrise des dépenses liées à la sécurité sociale et à l’assurance-maladie, deux programmes budgétaires majeurs. Sans réforme de ces programmes, il sera difficile d’améliorer significativement la situation financière du pays. De plus, les fonds fiduciaires de ces deux programmes sont sur le point de s’épuiser : le fonds fiduciaire de retraite de la sécurité sociale et le fonds fiduciaire d’assurance hospitalisation de Medicare devraient être à sec dans sept ans. À ce moment-là, des réductions des prestations seront inévitables – une baisse de 24 % pour la sécurité sociale et de 12 % pour Medicare – si aucune mesure n’est prise.

La situation financière des États-Unis est préoccupante. Des choix difficiles et des compromis seront nécessaires pour ralentir la croissance des dépenses ou augmenter les recettes, afin de rendre la dette nationale viable. Il est impératif que les dirigeants américains agissent avant qu’il ne soit trop tard.

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