Home AffairesLe dollar recule alors que la liquidation des actions pèse sur le billet vert

Le dollar recule alors que la liquidation des actions pèse sur le billet vert

by Amélie Bernard

Publié le 7 novembre 2024 à 16h12. Le dollar américain a poursuivi sa baisse, fragilisé par des données économiques américaines mitigées et des inquiétudes persistantes concernant la trajectoire des taux d’intérêt, tandis que l’euro et la livre sterling ont affiché des signes de résilience face à des indicateurs encourageants de leurs économies respectives.

  • Le dollar américain est sous pression après la publication de chiffres sur les licenciements aux États-Unis et des signaux contradictoires concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).
  • L’euro a bénéficié d’une hausse inattendue des exportations allemandes en septembre, signe d’un possible rebond économique.
  • La livre sterling a reculé suite aux commentaires de la Banque d’Angleterre laissant entrevoir une possible baisse des taux d’intérêt en décembre.

La faiblesse du dollar s’explique en partie par la publication de données révélant une augmentation inattendue des licenciements dans le secteur privé américain. Selon Challenger, Gray et Christmas, plus de 150 000 employés ont perdu leur emploi en octobre, un chiffre qui a pesé sur le sentiment des investisseurs. Ces données, particulièrement scrutées en raison d’un calendrier économique relativement léger, ont renforcé les doutes quant à la solidité de l’économie américaine.

Les marchés surveillent de près les perspectives d’évolution de la politique monétaire de la Fed. Les contrats à terme sur les fonds fédéraux évaluent actuellement à 66 % la probabilité d’une baisse des taux en décembre, un niveau proche de l’équilibre. Cette incertitude est alimentée par des données économiques contrastées, une inflation qui reste obstinément élevée et des divergences d’opinions au sein du comité de politique monétaire.

Sur le Vieux Continent, l’euro a légèrement progressé face au dollar, soutenu par des chiffres encourageants en provenance d’Allemagne. Les exportations allemandes ont augmenté de 1,4 % en septembre, dépassant les prévisions de 0,5 %. Les exportations vers les États-Unis ont même bondi de 12 % sur le mois, après cinq mois de baisse. Ces résultats suggèrent un léger rebond de l’économie allemande après une période de ralentissement, notamment grâce à une demande soutenue au sein de l’Union européenne et à des investissements massifs prévus dans la défense et les infrastructures.

Cependant, la conjoncture n’est pas sans nuages. Les ventes au détail dans la zone euro ont diminué de 0,1 % en septembre, décevant les attentes. La Banque centrale européenne (BCE) se trouve dans une situation délicate, confrontée à une inflation faible et à une croissance stable. Elle ne semble pas pressée de baisser les taux d’intérêt, l’inflation se rapprochant de son objectif et les risques à la baisse s’amenuisant.

La livre sterling, quant à elle, a subi des pressions à la baisse après les commentaires de la Banque d’Angleterre. Bien que la banque centrale ait maintenu ses taux d’intérêt inchangés à 4,0 %, elle a alimenté les spéculations sur une possible baisse en décembre. Le vote du Comité de politique monétaire a été serré, avec 5 voix pour le statu quo et 4 voix pour une baisse. Le gouverneur Andrew Bailey a souligné que si les progrès en matière de désinflation se confirment, une baisse progressive des taux d’intérêt pourrait être envisagée.

Dans d’autres régions du monde, le yen japonais a peu évolué face au dollar, malgré des données montrant une augmentation des dépenses des ménages de 1,8 % en septembre, un ralentissement par rapport au mois précédent. La croissance des salaires reste inférieure à l’inflation (3,4 %), ce qui pèse sur le pouvoir d’achat des consommateurs. La Banque du Japon (BoJ) suivra attentivement l’évolution des salaires pour déterminer le calendrier d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt.

Le dollar australien s’est légèrement apprécié, récupérant une partie des pertes subies la veille. La Banque de réserve d’Australie (RBA) a maintenu ses taux d’intérêt stables et a signalé qu’elle ne prévoit pas d’assouplissement monétaire dans l’immédiat, compte tenu des pressions inflationnistes persistantes. L’excédent commercial de l’Australie s’est élargi en septembre, grâce à une forte hausse des exportations, notamment d’or.

Marchés actions : perspectives incertaines

Les indices boursiers sont en baisse, poursuivant leur consolidation après un bref répit mercredi. Les ventes massives dans le secteur technologique ont dominé le sentiment du marché jeudi, le Nasdaq chutant de près de 2 %. Cette récente vague de ventes est le reflet de la réaction des investisseurs face à des données économiques décevantes et à des valorisations boursières élevées. Les investisseurs restent nerveux et cherchent à repositionner leurs portefeuilles.

Les données économiques américaines sont mitigées. Les chiffres sur les suppressions d’emplois de Challenger, Gray et Christmas contrastent avec les données sur la masse salariale d’ADP, qui ont dépassé les attentes. L’indice PMI des services de l’ISM a atteint 52,4 en octobre, signalant une expansion de l’activité du secteur des services, mais l’emploi continue de se contracter.

Marché des taux d’intérêt : attentes fluctuantes

Les contrats à terme sur les taux d’intérêt sont en hausse à court terme et en baisse à long terme, après un fort rallye la veille. Les attentes d’une baisse des taux de la Fed en décembre sont devenues plus incertaines, en raison des données économiques contradictoires. Le rapport de Challenger, Gray et Christmas a révélé un nombre record de suppressions d’emplois en octobre, tandis que les données d’ADP et de l’ISM des services ont souligné des pressions inflationnistes persistantes.

Beth Hammack, la présidente de la Fed de Cleveland, a déclaré qu’elle restait préoccupée par une inflation élevée et qu’elle estimait que la politique monétaire devait rester légèrement restrictive pour ramener l’inflation à l’objectif de 2 % sans nuire à l’emploi. Elle estime que la politique actuelle est proche de la neutralité et ne voit pas de besoin urgent de resserrement supplémentaire pour le moment.

L’écart entre les rendements à 2 et 10 ans s’est élargi à 53,80 points de base, tandis que le rendement à 2 ans, qui reflète les attentes en matière de taux d’intérêt, est tombé à 3,564 %.

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