Publié le 10 novembre 2025 à 19h30. Une nouvelle étude remet en question l’idée reçue selon laquelle l’utilisation des écrans avant de dormir perturbe le sommeil des adultes, suggérant une relation plus nuancée qu’on ne le pensait.
- L’étude, menée auprès de plus de 1 000 adultes canadiens, n’a trouvé aucun lien clair entre l’utilisation quotidienne des écrans et une mauvaise qualité de sommeil.
- Les utilisateurs occasionnels et réguliers d’écrans ont même rapporté une meilleure santé globale du sommeil que les utilisateurs modérés.
- L’étude souligne que la manière dont un téléphone est utilisé (méditation vs. réseaux sociaux) et la sensibilité individuelle à la lumière bleue jouent un rôle important.
Pendant longtemps, il a été conseillé de se tenir éloigné des smartphones et autres écrans avant de se coucher, la lumière bleue émise étant pointée du doigt comme un perturbateur du sommeil. Nombreux sont ceux qui se sentent coupables de scroller sur leur téléphone une fois au lit. Pourtant, une nouvelle recherche publiée dans la revue Sleep Health suggère que cette culpabilité pourrait être infondée, du moins chez les adultes.
L’étude, révélée par Gizmodo, a porté sur plus de 1 000 adultes au Canada. Les participants ont été interrogés sur leurs habitudes d’utilisation des écrans, que ce soit au lit ou dans l’heure précédant le coucher. Les résultats ont révélé que plus de 80 % d’entre eux utilisaient un écran avant de dormir au cours du mois précédent, et près de la moitié le faisaient chaque nuit.
Les chercheurs ont ensuite classé les participants en trois groupes : les utilisateurs occasionnels (moins d’une fois par semaine), les utilisateurs modérés (une à quatre fois par semaine) et les utilisateurs réguliers (cinq fois ou plus par semaine). Contre toute attente, l’analyse des données a révélé une tendance surprenante.
Après avoir pris en compte des facteurs tels que le sexe, l’âge et le revenu, les résultats ont montré que les utilisateurs occasionnels et réguliers d’écrans étaient ceux qui rapportaient la meilleure santé globale du sommeil. Plus précisément, les utilisateurs réguliers (plus de cinq nuits par semaine) affichaient les meilleurs horaires de sommeil et les niveaux de vigilance diurne les plus élevés. Les utilisateurs occasionnels, quant à eux, se distinguaient par leur satisfaction et la régularité de leur sommeil. Étonnamment, le groupe des utilisateurs modérés (utilisant les écrans entre une et quatre fois par semaine) était celui qui signalait la moins bonne qualité de sommeil.
Ces conclusions remettent en question de nombreuses études antérieures qui accusaient l’exposition aux écrans de nuire au sommeil. Concernant la lumière bleue, souvent désignée comme le principal coupable, Colleen Carney, l’une des autrices de l’étude de l’Université métropolitaine de Toronto, apporte une nuance importante :
« Les rapports précédents sur la lumière bleue ne prenaient souvent pas en compte les facteurs d’âge, de durée et d’intensité d’exposition. Les adolescents peuvent être plus sensibles à la lumière en raison de la puberté. Cependant, à mesure que les adultes vieillissent, ils ont tendance à devenir moins sensibles à la lumière. Il existe même des effets oculaires liés à l’âge qui rendent la lumière moins gênante. »
Colleen Carney, autrice de l’étude de l’Université métropolitaine de Toronto
L’équipe de recherche souligne également que la manière dont un téléphone portable est utilisé est un facteur déterminant. L’utilisation d’une application de méditation relaxante n’aura évidemment pas le même impact que le défilement incessant des réseaux sociaux ou la consultation d’e-mails, qui peuvent stimuler les émotions et entraver l’endormissement.
Il est important de noter que les données recueillies reposent sur les déclarations des participants concernant leur santé du sommeil, ce qui peut être moins précis qu’une analyse objective réalisée en laboratoire. Les chercheurs reconnaissent que la relation entre l’utilisation des écrans et le sommeil est « complexe » et nécessite des recherches plus approfondies.
Comment vérifier les effets vous-même
Alors, les téléphones portables perturbent-ils vraiment le sommeil ? La réponse pourrait dépendre de votre situation personnelle. Colleen Carney propose une expérience simple pour le vérifier par vous-même :
- Pendant une semaine, suivez votre sommeil comme d’habitude, en conservant vos habitudes actuelles d’utilisation du téléphone portable.
- Au cours de la deuxième semaine, essayez de ne pas utiliser d’appareil au moins une heure avant le coucher.
Comparez ensuite les résultats. Si vous constatez que vous dormez mieux et vous sentez plus reposé en rangeant votre téléphone plus tôt, cela pourrait devenir une nouvelle habitude. Mais si vous ne constatez aucune différence notable, comme l’ont rapporté les participants à cette étude, l’appareil n’est peut-être pas le principal responsable de vos problèmes de sommeil.
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