Home SantéLes athlètes récréatifs se sentent en bonne santé mais mécontents de leur corps

Les athlètes récréatifs se sentent en bonne santé mais mécontents de leur corps

by Sophie Martin

Publié le 12 novembre 2025 00:59:00. Une étude de l’Université Edith Cowan (ECU) révèle un paradoxe chez les sportifs amateurs : malgré une perception positive de leur santé et de leur condition physique, ils sont plus susceptibles de présenter des comportements alimentaires et d’exercice problématiques, voire obsessionnels.

  • Près de 70 % des sportifs amateurs se considèrent en bonne santé, mais seulement 26 % sont satisfaits de leur poids et de leur apparence.
  • L’étude met en évidence un risque accru de troubles du comportement alimentaire, notamment l’orthorexie mentale (ON), chez les personnes pratiquant une activité physique régulière.
  • L’absence de critères diagnostiques officiels pour l’orthorexie athlétique (OA) et l’ON complique l’identification et la prise en charge de ces troubles.

Les résultats d’une récente enquête menée par l’Université Edith Cowan (ECU) soulignent un décalage troublant entre l’image que les sportifs amateurs ont d’eux-mêmes et leur rapport réel à leur corps. Si 69 % des participants à l’étude se déclarent en bonne santé et 62 % estiment être en forme, un maigre 26 % se disent satisfaits de leur poids et de leur silhouette. Cette disparité, selon les chercheurs, est un indicateur d’une tendance inquiétante.

« Nous observons que les sportifs, en particulier ceux qui s’adonnent à une activité physique régulière ou structurée, sont statistiquement plus susceptibles de développer des comportements alimentaires et d’exercice désordonnés que les personnes sédentaires », explique le Dr Valeria Varea, de l’ECU. Elle précise que les athlètes présentent un risque plus élevé de troubles de l’alimentation, en particulier dans les disciplines où la minceur est valorisée, comme la gymnastique, ou celles qui imposent des catégories de poids.

L’étude révèle également que 67 % des sportifs amateurs interrogés ressentent une certaine anxiété ou un malaise lorsqu’ils n’ont pas accès à des aliments qu’ils considèrent comme sains. De plus, 88 % d’entre eux avouent éprouver de la culpabilité après avoir consommé des aliments jugés « mauvais ». Cette focalisation sur l’alimentation pourrait conduire à des troubles tels que l’orthorexie mentale (ON), caractérisée par une obsession de la pureté alimentaire. Les personnes atteintes d’ON éprouvent une anxiété intense lorsqu’elles sont privées de leurs aliments « sains » spécifiques, ce qui les amène à se sentir hors de contrôle.

Contrairement à l’anorexie mentale et à d’autres troubles de l’alimentation, l’ON se concentre sur la qualité des aliments plutôt que sur la quantité. Certains athlètes sont également susceptibles de développer une orthorexie athlétique (OA), qui se manifeste par une consommation compulsive d’aliments sains et une pratique excessive de l’exercice. La frontière entre une approche saine de l’alimentation et de l’entraînement et une obsession malsaine pour la nourriture et l’activité physique est parfois ténue chez les sportifs.

« La combinaison d’une préoccupation pour la qualité de l’alimentation et d’une pratique compulsive de l’exercice est ce qui distingue l’OA de l’ON, où la préoccupation porte uniquement sur la qualité des aliments. Les athlètes constituent un groupe particulièrement vulnérable, de nombreux sports et cultures sportives étant associés à des régimes alimentaires stricts, à des niveaux d’entraînement élevés et/ou à une pression pour perdre du poids. »

Professeur Dawn Penney, Université Edith Cowan

Un obstacle majeur à la prise en charge de ces troubles réside dans l’absence de critères diagnostiques officiels pour l’OA et l’ON, souligne le Dr Varea. « Il n’existe actuellement aucun moyen pour les athlètes ou les personnes pratiquant une activité physique de déterminer avec certitude quand ils franchissent la ligne entre une alimentation saine et l’ON, ou entre un exercice bénéfique et l’OA. »

Le professeur Penney insiste sur la nécessité d’une sensibilisation accrue et d’une éducation plus large, en particulier pour les sportifs amateurs qui évoluent en dehors des structures formelles des clubs. « Compte tenu de l’évolution des modes de pratique sportive et de la diffusion de l’information, il est crucial de trouver des moyens efficaces d’éduquer le public sur les risques liés aux troubles de l’alimentation et de l’exercice », conclut-elle.

Source:

Référence du journal :

Varea, V., et al. (2025). Sport participation and the pursuit of active and healthy lifestyles: athletes’ everyday relations with food and exercise. Health Education, pages 1 to 16. DOI: 10.1108/HE-09-2024-0108. https://www.emerald.com/he/article/doi/10.1108/HE-09-2024-0108/1278476

You may also like

Leave a Comment