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Ryanair n’obtient pas l’ordre de restituer les documents saisis à Dublin et emmenés en Italie – The Irish Times

by Amélie Bernard

Publié le 2024-03-22 14:35:00. Ryanair a essuyé un revers judiciaire en Irlande dans sa tentative de récupérer des documents confidentiels saisis par les autorités italiennes dans le cadre d’une enquête sur des pratiques anticoncurrentielles. La compagnie aérienne à bas coûts risque une amende potentielle de plus d’un milliard d’euros si elle est reconnue coupable.

  • Ryanair a échoué à obtenir la restitution de documents saisis à Dublin et utilisés par l’autorité italienne de la concurrence.
  • L’enquête italienne porte sur des accusations selon lesquelles Ryanair limiterait l’accès des agences de voyages à ses tarifs les plus bas.
  • La compagnie aérienne pourrait être condamnée à une amende pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires mondial, soit environ 1,4 milliard d’euros.

Le tribunal de grande instance irlandais a rejeté la demande de Ryanair de récupérer 222 documents saisis le 8 mars 2024 lors d’une perquisition menée à l’aéroport de Dublin par la Commission de la concurrence et de la protection des consommateurs (CCPC) irlandaise, en collaboration avec l’Azienda Garante Della Concorrenza e Del Mercato (AGCM) italienne. Ryanair affirmait que ces documents avaient été obtenus de manière irrégulière et souhaitait les voir restitués à la CCPC en attendant une décision sur la légalité de la perquisition.

L’enquête de l’AGCM fait suite à une plainte alléguant que Ryanair empêche les agences de voyages d’acheter des billets d’avion directement sur son site web, où les prix sont les plus avantageux, les redirigeant vers un système de distribution global. Selon les autorités italiennes, cette pratique fausse la concurrence et constitue un abus de position dominante sur le marché.

Ryanair conteste fermement ces accusations. La compagnie aérienne a lancé plusieurs procédures judiciaires en Irlande et en Italie, contestant la validité du mandat de perquisition et la manière dont l’enquête est menée. Elle a déjà perdu une action en justice contre les autorités italiennes concernant la perquisition elle-même, ainsi qu’un appel.

Le juge Max Barrett a estimé que l’urgence invoquée par Ryanair, compte tenu des conclusions provisoires de l’AGCM, n’était pas suffisamment justifiée. Il a souligné que le retard de Ryanair à agir en Italie affaiblit sa demande d’intervention du tribunal irlandais.

« On ne peut pas demander à la Haute Cour de combler un vide créé par l’inaction d’un parti, et encore moins d’imposer des obligations intrusives à un organe statutaire qui n’a aucun contrôle sur une autorité étrangère dont la conduite est le véritable objet de la plainte. »

Juge Max Barrett

Le juge Barrett a également rejeté l’idée que l’affaire nécessite une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Il a jugé que les griefs de Ryanair concernant les actions de l’AGCM doivent être examinés par les voies de recours disponibles en Italie, et non par une tentative indirecte d’obtenir réparation par le biais d’un régulateur irlandais.

L’AGCM a publié le mois dernier un « avis de conclusions d’enquête » préliminaire, concluant à un comportement anticoncurrentiel de Ryanair en Italie. Cette conclusion repose en grande partie sur les documents controversés. Une décision finale est attendue d’ici le 31 décembre 2025.

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