Publié le 21 novembre 2025 à 20h20. Face à un taux de récidive record et à une surpopulation carcérale croissante, le Territoire du Nord réforme en profondeur son système de réadaptation pénitentiaire, en misant sur une approche plus personnalisée et axée sur les besoins des populations autochtones.
- Le Territoire du Nord affiche le taux d’incarcération le plus élevé du pays.
- Un nouveau cadre de réadaptation et de réintégration vise à remplacer un système jugé « fragmenté » et insuffisamment basé sur des données probantes.
- Les réformes s’accompagnent d’un renforcement des liens avec les communautés autochtones, qui représentent 88 % de la population carcérale.
Le Département correctionnel du Territoire du Nord a annoncé un remaniement complet de ses services de réadaptation, une initiative motivée par une crise persistante au sein du système pénitentiaire et par des taux de récidive alarmants. Le nouveau cadre de réadaptation et de réintégration, dévoilé récemment, marque une rupture avec les approches antérieures, critiquées pour leur manque de cohérence et d’efficacité.
Cette annonce intervient après que l’ABC ait révélé que de nombreux détenus purgent la totalité de leur peine en détention provisoire, limitant ainsi leur accès aux programmes de réinsertion essentiels. L’article de l’ABC soulignait les pressions exercées sur le système judiciaire et les appels à un financement accru.
Kate Chambers, commissaire adjointe aux services correctionnels du Territoire du Nord, a souligné la nécessité de ces réformes, en particulier après les modifications législatives récentes concernant la libération sous caution, qui ont entraîné une augmentation soudaine de la population carcérale.
« Nous savons que nous avons le taux d’incarcération le plus élevé du pays et nous savons que nous devons faire les choses différemment »,
Kate Chambers, commissaire adjointe aux services correctionnels du NT
Le nouveau modèle prévoit la création d’un comité centralisé chargé d’approuver et de superviser les programmes de réadaptation, afin de garantir leur efficacité et leur cohérence. Ce comité sera composé de représentants autochtones, de professionnels de la santé, de personnel pénitentiaire et de prestataires de services externes.
L’objectif est également de s’éloigner d’une approche uniforme de la réadaptation, en tenant compte des besoins culturels spécifiques et des exigences en matière d’accessibilité. Des initiatives dirigées par les Autochtones seront lancées pour lutter contre la violence domestique et familiale, et des liens plus étroits seront établis avec les communautés locales, afin de mieux accompagner les détenus lors de leur réinsertion.
« Nous parlons d’écouter les Autochtones dans leurs méthodes de travail et de guérison », a précisé Kate Chambers. Un service dédié du Régime national d’assurance-invalidité (NDIS) sera également mis en place pour aider les détenus à obtenir les aides dont ils ont besoin.
Au cours de l’exercice 2023-2024, le Territoire du Nord a enregistré le taux de récidive le plus élevé du pays, avec six prisonniers sur dix réincarcérés dans les deux ans suivant leur libération. Kate Chambers espère que le renforcement des liens avec la communauté contribuera à inverser cette tendance.
Matthew Varley affirme que les changements ont déjà un impact. (ABC News : Peter Garnir)
Matthew Varley, commissaire chargé des services correctionnels du Territoire du Nord, s’est dit optimiste quant à l’avenir, tout en reconnaissant les difficultés rencontrées par le système pénitentiaire au cours de la dernière année. Il a déclaré que le système correctionnel était passé « de la crise à la réforme ».
Des anciens détenus ont témoigné de leur incapacité à accéder aux services de réadaptation en raison des confinements fréquents dans les prisons. Leur témoignage souligne les défis persistants auxquels est confronté le système.
Cependant, Matthew Varley affirme que les changements sont déjà perceptibles : « En seulement trois mois, 264 prisonniers ont suivi des programmes de réhabilitation », a-t-il précisé.
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