Publié le 24 octobre 2024 à 08h00. Le groupe immobilier Redquartz, dirigé par Simon Kelly, propose aux investisseurs un rendement annuel de 12 % sur une obligation privée, en partie garantie par des contrats gouvernementaux liés à l’hébergement de réfugiés ukrainiens et de demandeurs d’asile.
- Redquartz cherche à lever 2 millions d’euros (environ 1,86 million de francs suisses) via ce placement de dette privée.
- L’investissement minimum requis est de 10 000 € (environ 9 300 francs suisses) pour une durée de 24 mois.
- La garantie principale de cette obligation repose sur les flux de trésorerie d’une filiale, Woleseja Ltd, qui gère des centres d’hébergement sous contrat avec l’État.
Le groupe Redquartz mise sur un marché spécifique pour attirer des capitaux : l’hébergement de personnes en attente de statut de réfugié ou bénéficiant d’une protection internationale, notamment en provenance d’Ukraine. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de forte demande de logements pour ces populations, mais soulève des questions quant à la transparence des contrats passés avec l’État irlandais.
Selon un document consulté par l’Irish Times, les investisseurs percevront un rendement de 12 % par an, versé trimestriellement. Ce rendement est garanti par les « dividendes stables et garantis par l’État » de Woleseja Ltd, estimés à 8 millions d’euros (environ 7,44 millions de francs suisses) jusqu’en 2029. Woleseja Ltd est décrite comme une « entreprise d’hébergement d’urgence » et possède des contrats gouvernementaux pour fournir un « hébergement de réfugiés », incluant à la fois des réfugiés ukrainiens et des demandeurs de protection internationale.
Simon Kelly, le dirigeant de Redquartz, a précisé que l’emplacement exact de ces centres d’hébergement était confidentiel, en raison de la sensibilité du sujet. Interrogé sur l’existence de ces contrats, un porte-parole du Ministère de la Justice a refusé de fournir des informations, invoquant le secret commercial et la confidentialité des négociations.
Outre les flux de trésorerie de Woleseja Ltd, l’obligation est également garantie par d’autres actifs immobiliers détenus par Redquartz, notamment le développement Forge à Smithfield, Dublin 7, où le groupe détient une participation de 50 % et perçoit des loyers annuels de 470 000 € (environ 436 000 francs suisses). Le pub Quinn’s à Drumcondra, Dublin 11, récemment rénové par Simon Kelly et l’homme d’affaires Jay Bourke, figure également parmi ces garanties. Le projet de rénovation de ce pub emblématique avait nécessité un financement initial de 1 million d’euros.
Il est important de noter que cette obligation privée n’est pas réglementée par la Banque centrale d’Irlande, car son montant total (inférieur à 8 millions d’euros) est en dessous du seuil requis par la réglementation européenne. Par conséquent, Redquartz n’a pas eu à soumettre de prospectus de valeurs mobilières à l’approbation des autorités.
Ce placement de dette privée intervient alors que Redquartz cherche à développer son portefeuille immobilier. Simon Kelly a déclaré que le groupe avait envisagé d’autres options de financement, comme la création d’une fiducie d’investissement immobilier (reit) ou un appel public à l’épargne, mais que ces démarches n’avaient pas abouti en Irlande.
L’histoire de Redquartz et de ses dirigeants, Simon et Paddy Kelly, est marquée par les difficultés rencontrées lors de la crise immobilière et financière irlandaise de 2007-2008. Leur empire immobilier, fortement endetté auprès d’Anglo Irish Bank, avait été restructuré par l’ Agence Nationale de Gestion du Patrimoine (Nama). Ils ont cependant réussi à se désengager de Nama en 2016.
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