Home AffairesL’agriculture rencontre des difficultés à vendre ou à donner du bois illégal saisi

L’agriculture rencontre des difficultés à vendre ou à donner du bois illégal saisi

by Amélie Bernard

Publié le 24 septembre 2025. Des milliers de mètres cubes de bois saisis pour exploitation illégale s’entassent dans les entrepôts de l’État, faute de pouvoir être vendus ou redistribués, poussant le ministère de l’Agriculture à demander une prolongation des mesures exceptionnelles pour gérer ces stocks.

  • Le ministère de l’Agriculture (MAG) a sollicité l’Assemblée législative pour prolonger le décret n° 921, qui encadre la vente, le don ou la destruction du bois confisqué.
  • Environ 250 saisies de bois illégal sont effectuées chaque année par la Police Nationale Civile (PNC).
  • Une partie significative de ce bois se détériore dans les lieux de stockage, rendant sa valorisation difficile.

Le ministère de l’Agriculture se trouve face à un problème logistique et juridique : gérer les conséquences des nombreuses saisies de bois d’origine illégale. Selon Daniel Amílcar Landaverde, directeur des Bassins et de l’Irrigation, les autorités réalisent en moyenne 250 saisies chaque année. Après la confiscation, les propriétaires ont un délai de 15 jours pour justifier de leur provenance avec les permis d’abattage requis, à défaut de quoi le bois est définitivement confisqué.

Le problème, explique M. Landaverde, réside dans la difficulté de se débarrasser de ces stocks. Les lieux de stockage, souvent des délégations de la PNC, des mairies ou des bureaux du MAG, ne sont pas toujours adaptés à la conservation du bois, ce qui entraîne une dégradation rapide.

« Même si nous avons eu le décret, nous avons encore un grand nombre de saisies dans différents endroits, donc il n’est pas si facile de s’en débarrasser, pas dans le mauvais sens du terme car cela prend un processus. »

Daniel Amílcar Landaverde, directeur des Bassins et de l’Irrigation

À ce jour, 21 dossiers de saisies ont conduit à la destruction d’environ 600 pièces de bois de différentes essences – cèdre, conacaste, laurier, mélina, entre autres – en raison de leur état avancé de décomposition. 18 autres lots ont été vendus et 3 ont fait l’objet d’un don. La situation est d’autant plus préoccupante que la police nationale sollicite régulièrement le ministère pour savoir quoi faire des saisies, craignant de devoir les incinérer sans avoir épuisé toutes les options légales.

« Nous avons encore une grande quantité de produit dans différentes conditions ou états à libérer et même à libérer certains espaces. La police nous appelle soudainement et (dit) : ‘Que faisons-nous avec cela, est-ce qu’on le brûle ?’, mais il y a des problèmes juridiques ici, n’est-ce pas ? Donc, nous avons besoin de temps en tant que MAG pour gérer afin que cette disposition du décret puisse continuer. »

Daniel Amílcar Landaverde, directeur des Bassins et de l’Irrigation

La commission législative de la Santé, de l’Agriculture et de l’Environnement a approuvé la prolongation du décret et l’a transmise pour examen en séance plénière. Des députés ont suggéré de permettre aux organisations sociales de bénéficier de ces dons de bois, mais M. Landaverde a précisé que le décret actuel autorise uniquement les dons aux institutions publiques, les entités civiles devant passer par les mairies pour en bénéficier.

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