Home SantéLes acouphènes déclenchent la réaction de « combat ou de fuite » de votre corps, selon une étude : ScienceAlert

Les acouphènes déclenchent la réaction de « combat ou de fuite » de votre corps, selon une étude : ScienceAlert

by Sophie Martin

Publié le 6 décembre 2025 à 14h01. Une nouvelle étude révèle que les acouphènes chroniques pourraient être liés à une réaction d’alerte constante du cerveau, entraînant un stress accru et des réponses physiologiques exacerbées face aux sons quotidiens.

  • Des chercheurs ont identifié des marqueurs faciaux et oculaires spécifiques chez les personnes souffrant d’acouphènes, permettant de prédire la gravité de la condition.
  • Les personnes atteintes d’acouphènes chroniques présentent une vigilance accrue et interprètent les sons normaux comme des menaces potentielles.
  • Cette découverte ouvre la voie à de nouveaux outils de diagnostic et de traitement pour cette affection invalidante qui touche plus de 120 millions de personnes dans le monde.

Les acouphènes chroniques, caractérisés par la perception de bourdonnements, de sifflements ou de cliquetis constants dans une ou les deux oreilles, affectent considérablement la qualité de vie de millions de personnes. Contrairement à une perception passagère que la plupart d’entre nous peuvent expérimenter, les acouphènes chroniques persistent pendant au moins six mois et peuvent perturber le sommeil, la concentration et le bien-être émotionnel. Jusqu’à présent, le diagnostic reposait principalement sur le récit subjectif du patient, rendant difficile l’évaluation objective de la gravité et le suivi de l’évolution de la maladie.

Une équipe de chercheurs du Mass General Brigham aux États-Unis, dirigée par le neuroscientifique Daniel Polley, a franchi une étape importante en identifiant des biomarqueurs objectifs associés aux acouphènes. Leur étude, publiée dans la revue Science Translational Medicine, a révélé des schémas de mouvements faciaux involontaires et de dilatation des pupilles distincts chez les personnes souffrant d’acouphènes, suggérant une activation accrue des systèmes d’évaluation des menaces du cerveau.

Les participants à l’étude, 47 souffrant d’acouphènes ou de sensibilité sonore et 50 témoins, ont été exposés à une variété de sons, allant de la musique douce aux alarmes stridentes. Pendant l’écoute, leurs expressions faciales et leurs mouvements oculaires ont été enregistrés. L’analyse a montré que les participants atteints d’acouphènes présentaient une diminution des microexpressions faciales en réponse aux sons, quel que soit leur caractère agréable ou désagréable. Parallèlement, leurs pupilles se dilataient de manière significative pour tous les sons, indiquant une réponse de stress accrue.

« Pour la première fois, nous avons directement observé une signature de la gravité des acouphènes. Découvrir que ces mouvements non seulement se produisent, mais peuvent fournir la mesure la plus informative à ce jour de la détresse liée aux acouphènes, est assez surprenant. »

Daniel Polley, neuroscientifique au Mass General Brigham

Ces marqueurs, à la fois le manque d’expression faciale et la dilatation pupillaire, ont permis aux scientifiques d’évaluer non seulement la présence d’acouphènes, mais aussi leur impact sur le patient. Cette découverte pourrait révolutionner la façon dont les acouphènes sont diagnostiqués et traités. Actuellement, les options thérapeutiques se limitent à la thérapie sonore, à la thérapie cognitivo-comportementale et à la thérapie de recyclage des acouphènes (thérapie de recyclage des acouphènes), avec des résultats variables.

Les chercheurs soulignent que les acouphènes chroniques sont probablement une affection complexe, avec de multiples causes possibles. Une théorie courante suggère que le cerveau, en réponse à une perte auditive, « réorganise » ses voies auditives pour compenser (tinnitus). Cependant, cette explication ne permet pas de prédire la gravité des symptômes. Les résultats de cette étude suggèrent que les systèmes d’évaluation des menaces du corps sont activés de manière anormale chez les personnes souffrant d’acouphènes, contribuant ainsi à la détresse qu’elles ressentent.

Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de traitements plus ciblés et efficaces. Comprendre les mécanismes sous-jacents aux acouphènes pourrait permettre de mettre au point des interventions pharmacologiques ou comportementales visant à réguler l’activité des systèmes d’évaluation des menaces et à réduire la perception des sons fantômes. Les acouphènes, qui touchent plus de 120 millions de personnes dans le monde, sont souvent frustrants pour les patients (tinnitus) et peuvent être associés à la dépression et à l’anxiété (liens étroits avec la dépression et l’anxiété).

Les microexpressions, ces contractions faciales involontaires et brèves qui révèlent des émotions fortes, ont déjà été utilisées pour diagnostiquer la gravité d’autres affections neurologiques, telles que la dépression sévère (dépression sévère). Cette étude confirme le potentiel des signaux faciaux comme biomarqueurs objectifs pour les troubles neurologiques subjectifs.

Pour en savoir plus sur les acouphènes, vous pouvez consulter les ressources suivantes : Mayo Clinic et Healthdirect.

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