Home AffairesKaja Kallas a reconnu que certaines critiques de Donald Trump “sont vraies” : “L’Europe a sous-estimé sa propre puissance face à la Russie”

Kaja Kallas a reconnu que certaines critiques de Donald Trump “sont vraies” : “L’Europe a sous-estimé sa propre puissance face à la Russie”

by Amélie Bernard

Publié le 6 décembre 2023 16h45. La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a estimé que l’Europe a manqué d’ambition face à la Russie, alors que l’administration Trump remet en question la stratégie européenne et promet de renforcer le leadership américain.

  • Kaja Kallas reconnaît que certaines critiques formulées par Donald Trump à l’égard de l’Europe sont justifiées, notamment un manque de confiance en sa propre puissance face à la Russie.
  • La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine met en garde contre un possible déclin de la civilisation européenne, pointant du doigt les politiques d’immigration, la baisse de la natalité et la perte d’identité nationale.
  • Les États-Unis souhaitent une fin négociée au conflit en Ukraine et une amélioration des relations avec la Russie, tout en réaffirmant leur alliance avec l’Union européenne.

Lors d’un discours prononcé samedi au Forum de Doha, au Qatar, Kaja Kallas a répondu aux critiques contenues dans la nouvelle feuille de route de politique étrangère du président américain Donald Trump. Elle a admis que certaines d’entre elles méritaient d’être prises en compte.

« Bien sûr, les critiques sont nombreuses, mais je pense que certaines d’entre elles sont également vraies. »

Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères

Plus précisément, la haute représentante a souligné le manque d’assurance de l’Europe face à la Russie.

« Si vous regardez l’Europe, par exemple, elle sous-estime sa propre puissance face à la Russie. Je veux dire, nous devrions avoir plus confiance en nous, c’est sûr. »

Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères

La stratégie de politique étrangère et de sécurité nationale de Donald Trump, dévoilée vendredi, met en garde contre une possible “fin de la civilisation européenne” en raison de ses politiques d’immigration et promet de consolider le leadership de Washington, notamment en Amérique latine. Le document critique également les politiques européennes qui, selon les États-Unis, “portent atteinte à la liberté politique et à la souveraineté”, ainsi que la “censure de la liberté d’expression” et la “suppression de l’opposition politique”.

Le document américain insiste sur la nécessité pour l’Europe de retrouver sa confiance en elle et d’abandonner une réglementation excessive.

« Nous voulons que l’Europe reste européenne, qu’elle retrouve sa confiance en elle en tant que civilisation et qu’elle abandonne sa focalisation ratée sur l’asphyxie réglementaire. »

Extrait de la stratégie de sécurité nationale américaine

Malgré ces critiques, Kaja Kallas a réaffirmé l’importance de l’alliance transatlantique. Elle a souligné que les États-Unis restaient le “plus grand allié” de l’UE et que, selon sa lecture du document américain, l’UE était également un allié majeur pour Washington.

« Je pense que nous ne sommes pas toujours d’accord sur différentes questions, mais je pense que le principe général est toujours là. Nous sommes les plus grands alliés et nous devons rester unis. »

Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères

La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine, qui met l’accent sur la philosophie “America First”, vise à réaffirmer la présence de Washington sur la scène internationale. Elle marque une rupture avec l’approche de l’administration Biden et donne la priorité aux intérêts américains. Les États-Unis cherchent également à négocier une fin au conflit en Ukraine, qu’ils considèrent comme un enjeu vital pour restaurer la stabilité stratégique avec la Russie.

Le document critique également la stagnation économique en Europe, la qualifiant de problème qui “est éclipsé par la perspective réelle et plus sombre de disparition de la civilisation”. Il suggère que les politiques d’immigration, la baisse des taux de natalité, la censure et la perte d’identité nationale contribuent à l’affaiblissement de l’Europe.

« Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent sera méconnaissable dans 20 ans ou moins. […] Nous voulons que l’Europe reste européenne, qu’elle reprenne confiance en elle-même en tant que civilisation. »

Extrait de la stratégie de sécurité nationale américaine

(Avec informations de l’EFE)

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