La Réserve fédérale américaine a affiché un ton moins agressif que prévu mercredi, ce qui a soutenu les marchés financiers et limité la hausse du dollar. Si la Fed a revu ses prévisions de croissance à la hausse, elle maintient la possibilité de baisses de taux d’intérêt en 2026 et 2027.
Les investisseurs s’attendaient à une position plus ferme de la banque centrale américaine, mais seuls deux membres du comité de politique monétaire se sont prononcés pour une baisse de taux. La Fed a conservé dans ses projections médianes la perspective de réductions de taux en 2026, ce qui a apaisé les craintes d’un resserrement monétaire prolongé. Le président Powell a également semblé éviter de s’engager sur une pause durable dans la politique de taux d’intérêt, soulignant que les taux directeurs se situent dans une fourchette considérée comme neutre et que la Fed reste prête à agir en fonction des données économiques.
En conséquence, la conférence de presse qui a suivi la réunion n’a pas eu l’impact belliciste observé en octobre dernier, et le dollar a terminé la journée relativement stable, voire légèrement affaibli. Certains analystes estiment que la situation aurait pu être bien plus défavorable pour les investisseurs pariant sur une baisse du dollar.
La Fed a également annoncé qu’elle achèterait 40 milliards de dollars (environ 37 milliards d’euros) de bons du Trésor le mois prochain, une mesure technique destinée à garantir des réserves bancaires suffisantes. Cette initiative pourrait exercer une légère pression à la baisse sur les taux du marché monétaire et, par conséquent, sur le dollar.
Jerome Powell a souligné que de nombreuses données économiques seront publiées avant la prochaine réunion de la Fed en janvier. Il a également mis en garde contre d’éventuelles distorsions dans ces données en raison des difficultés techniques liées à la récente fermeture du gouvernement américain.
Les investisseurs se concentreront désormais sur les chiffres de l’emploi de novembre, qui seront publiés mardi prochain, ainsi que sur les prochaines réunions des grandes banques centrales. Certains experts estiment que la réunion du FOMC d’hier représente l’événement positif le plus important avant la fin de l’année et pourrait entraîner une faiblesse saisonnière du dollar, avec un potentiel de repli vers la zone de 98,00.
L’euro profite d’un regain d’optimisme
L’euro a terminé la journée en légère hausse après la réunion de la Fed. Cette progression a été renforcée par un regain d’optimisme concernant la Banque centrale européenne (BCE), plusieurs responsables de l’institution évoquant une croissance économique plus forte que prévu. Bien qu’une nouvelle hausse des taux d’intérêt de la BCE soit envisagée, le marché reste prudent et attend des signaux plus forts avant d’intégrer pleinement cette possibilité dans ses prévisions.
À ce stade, l’EUR/USD devrait se consolider au-dessus de 1,16. Pour atteindre l’objectif de fin d’année de 1,1800, il faudra probablement des données décevantes sur l’emploi aux États-Unis la semaine prochaine ou des révisions positives significatives des prévisions de croissance de la BCE.
La Banque nationale suisse attend un signal de la BCE
La Banque nationale suisse (BNS) se réunit aujourd’hui pour fixer sa politique monétaire. Aucun changement n’est attendu concernant le taux directeur, qui restera à 0,00 % pour la majorité de 2026. La BNS semble minimiser les risques de désinflation et devrait maintenir ses prévisions d’une hausse vers 0,8 % fin 2028.
L’indice des prix à la consommation (IPC) a été plus faible que prévu au troisième trimestre, avec un rebond limité à 0,4 % sur un an. Les chiffres d’octobre et de novembre ont affiché des taux d’inflation annuels de 0,1 % et 0,0 % respectivement. La BNS reste réticente à l’idée de taux négatifs, comme ceux mis en œuvre par la BCE dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif.
Les grands fonds de pension suisses sont actuellement soumis à une commission de 25 points de base sur les dépôts en francs suisses, et la BNS ne souhaite pas aggraver cette situation. Cependant, elle ne devrait pas relever ses taux d’intérêt de sitôt. Après un troisième trimestre décevant (-0,5 % en glissement trimestriel), la BNS devrait rester accommodante, tout en maintenant ses options d’assouplissement monétaire et d’intervention sur le marché des changes pour contrer la force du franc suisse, sans pour autant les utiliser de manière durable.
La BNS espère que la BCE adoptera une attitude plus restrictive et réévaluera sa politique monétaire. Un cessez-le-feu en Ukraine pourrait également avoir un impact positif sur le franc suisse. Dans ses perspectives de change pour 2026, la BNS avait estimé que l’EUR/CHF pourrait terminer l’année près de 0,92 et rebondir vers 0,95. Le regain d’optimisme concernant la BCE et la possibilité d’un cessez-le-feu en Ukraine renforcent désormais les perspectives haussières de l’EUR/CHF à court terme.
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