Publié le 17 décembre 2025 20:39:00. Une divergence s’est ouverte entre Séoul et Washington concernant l’accès à la zone démilitarisée (DMZ) coréenne, le Commandement des Nations Unies (UNC) s’opposant à un projet de loi sud-coréen visant à faciliter l’accès à cette zone à des fins pacifiques.
- Le gouvernement sud-coréen souhaite obtenir plus d’autonomie dans la gestion de la DMZ, notamment pour des projets de préservation et d’utilisation pacifique.
- L’UNC affirme que le contrôle de l’accès à la DMZ relève exclusivement de sa compétence, en vertu de l’accord d’armistice de 1953.
- Cette opposition intervient alors que le parti au pouvoir sud-coréen tente de faire adopter une loi renforçant les droits d’accès de Séoul à la DMZ.
La tension monte entre Séoul et Washington concernant la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées. Le Commandement des Nations Unies (UNC), gardien de l’armistice de 1953, a exprimé une opposition ferme à un projet de loi sud-coréen qui donnerait à Séoul un plus grand contrôle sur l’accès à cette zone tampon. L’UNC a publié une déclaration officielle sur son site web, rappelant que l’article 1, paragraphe 9 de la Convention d’armistice lui confère le pouvoir exclusif de contrôler l’accès à la DMZ, à l’exception du personnel administratif et des équipes de secours dûment autorisées.
L’UNC a également souligné l’article 1, paragraphe 10, qui stipule que l’administration civile et les opérations de secours dans la DMZ au sud de la ligne de démarcation militaire relèvent de la responsabilité du commandant en chef de l’UNC. Selon l’UNC, toute modification de ce statu quo nécessiterait une révision de l’accord d’armistice ou la signature d’un traité de paix formel. Un responsable de l’UNC a déclaré que tenter de contourner le contrôle de l’UNC sur la DMZ en se basant sur l’accord d’armistice serait problématique, compte tenu de sa valeur juridique internationale.
Cette prise de position inhabituellement directe de l’UNC intervient alors que le parti au pouvoir sud-coréen tente de faire adopter la « Loi sur la préservation, l’utilisation et le soutien pacifiques des zones démilitarisées » (souvent appelée « Loi sur la DMZ »). Cette loi vise à permettre au gouvernement coréen d’exercer des droits d’accès plus larges à la DMZ pour des projets de conservation et de développement pacifique. Le ministère de l’Unification sud-coréen soutient activement cette initiative.
La situation a suscité des réactions politiques en Corée du Sud. Chung Cheong-rae, chef du Parti démocratique de Corée, a exprimé son soutien à la position du ministère de l’Unification lors d’une réunion du Conseil suprême à Gangwon, déplorant l’absence de ce ministère au sein du « corps consultatif des autorités diplomatiques Corée-États-Unis », dirigé par le ministère des Affaires étrangères. Il a annoncé la création prochaine d’un comité spécial au sein du parti, baptisé provisoirement « Comité de stratégie de paix dans la péninsule coréenne », chargé de proposer des mesures visant à accroître l’autonomie de la Corée du Sud dans ses relations avec les États-Unis et avec la Corée du Nord.
Le ministère de la Défense nationale sud-coréen a adopté une position prudente, soulignant la nécessité d’une consultation étroite avec l’UNC concernant tout accès à la DMZ. Des consultations politiques au niveau des partis sont prévues la semaine prochaine pour examiner la loi DMZ, alors que le parti au pouvoir et le ministère de l’Unification semblent en désaccord avec l’armée américaine, qui constitue la force principale de l’UNC.
Récemment, l’UNC a fait part sur les réseaux sociaux de l’autorisation d’entrée dans la DMZ accordée à Kim Hyeon-jong, premier directeur adjoint du Bureau de la sécurité nationale, un geste inhabituel. Le ministre de l’Unification, Chung Dong-young, avait auparavant qualifié le refus initial de l’UNC d’autoriser l’entrée d’un député dans la DMZ de « question de souveraineté », insistant sur le droit du gouvernement coréen d’accéder à la DMZ. Lors de son audition de confirmation en juillet, il avait déclaré : « Il est impossible pour le gouvernement de la République de Corée de subir des sanctions pour une utilisation pacifique non militaire du territoire coréen avec la permission de l’UNC. »
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