Publié le 11 janvier 2024 à 02h18. Des manifestations se poursuivent à Minneapolis suite à la mort d’une femme tuée par un agent de l’ICE et en signe de protestation contre les politiques d’immigration de l’administration Trump, ravivant les tensions dans une ville déjà marquée par des traumatismes récents.
- Des manifestants ont tenté de pénétrer dans des hôtels où séjourneraient des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
- Les protestations font suite à la mort de Renée Good, abattue par un agent de l’ICE, et s’inscrivent dans un contexte de forte opposition aux politiques migratoires de Donald Trump.
- La communauté somalienne du Minnesota, cible particulière de l’administration Trump, continue de faire preuve de résistance.
Minneapolis est le théâtre de nouvelles manifestations, alimentées par la colère et le chagrin suite à la mort de Renée Good, une femme tuée par un agent de l’ICE plus tôt cette semaine. Les protestataires dénoncent également les politiques d’immigration de l’administration Trump, qu’ils jugent particulièrement agressives envers la communauté somalienne du Minnesota, la plus importante des États-Unis.
Hier soir, les manifestants se sont rassemblés devant un hôtel où, selon les organisateurs, séjournent des agents de l’ICE. La manifestation s’est ensuite déplacée vers d’autres hôtels du centre-ville. Des incidents se sont produits, avec des tentatives d’intrusion dans un hôtel et des actes de vandalisme, entraînant plusieurs arrestations. La plupart des personnes interrogées sur place ont exprimé deux motivations principales : rendre hommage à Renée Good et envoyer un message clair à l’administration Trump.
« La ville n’est pas en sécurité en ce moment avec eux ici. Je veux que ma voix soit entendue. Je veux que ma présence soit vue. Et je veux que mes filles voient ce qui se passe et voient à quoi ressemblent la force et la résilience. »
Dan Cragey, résident de Minneapolis
Les habitants de Minneapolis soulignent que leur ville a déjà été profondément marquée par des événements traumatisants ces dernières années, notamment le meurtre de George Floyd en 2020 et plusieurs fusillades de masse. Ils expriment un sentiment d’épuisement face à cette succession de tragédies.
Le meurtre de Renée Good a suscité une vive émotion et un élan de solidarité. Un mémorial improvisé s’est constitué sur le lieu du drame, orné de fleurs, d’œuvres d’art et de bougies. Ashley Burris, une habitante de Minneapolis, témoigne de l’esprit de communauté qui se manifeste en ces moments difficiles.
« Nous l’avons vu se produire après le meurtre de George Floyd. Nous voyons cela se reproduire. Personne n’est plus fort que les Minnesotans. Nous sommes solidaires les uns des autres. Nous nous protégeons les uns les autres et nous nous comportons bien les uns envers les autres. »
Ashley Burris, habitante de Minneapolis
L’administration Trump a déployé des agents de l’ICE dans le Minnesota, ciblant plus particulièrement la communauté somalienne. Le président Trump avait précédemment qualifié les Somaliens de « détritus » et exprimé son opposition à leur présence sur le territoire américain. Des allégations de fraude électorale, relayées par des personnalités de droite, ont également contribué à justifier ce déploiement.
Malgré la pression et la peur, la communauté somalienne américaine se montre déterminée à résister. Haleel Omar, une militante somalienne, souligne l’importance de ne pas céder à l’intimidation.
« Cette administration suscite beaucoup de peur, et je pense que c’est son objectif. Mais en tant qu’Américains somaliens et habitants du Minnesota, nous n’allons pas nous laisser prendre à cela. Nous allons nous lever parce que nous sommes plus grands que la peur. Nous croyons que, vous savez, cette tempête va passer. »
Haleel Omar, militante somalienne
L’administration Trump a annoncé qu’elle maintiendrait sa politique de fermeté au Minnesota, affirmant vouloir assurer la sécurité de la population. Un incident survenu hier illustre la tension palpable : un véhicule de l’ICE a été aperçu près du mémorial dédié à Renée Good, escorté par des militants anti-ICE klaxonnant en signe de protestation.
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