Une nouvelle algue invasive, la Caulerpa taxifolia var. distichophylla, a été découverte au large de la Côte d’Azur, selon des observations menées par le professeur Alexandre Meinesz et sa fille Coralie. Cette espèce, originaire d’Australie, pourrait perturber les écosystèmes marins.
Découverte de l’algue invasive au large de la Côte d’Azur
Cette découverte, faite par le professeur Alexandre Meinesz et sa fille Coralie Meinesz, cheffe de projet milieu marin au conseil départemental, remonte à un an. «J’ai pris un échantillon pour le montrer à mon père», explique Coralie, qui a alerté son père, un expert reconnu dans le domaine.
Le professeur Meinesz, qui avait déjà sonné l’alarme sur la Caulerpa taxifolia (surnommée «algue tueuse») dans les années 1990-2004, a analysé la présence de cette nouvelle variété. «On a repéré une centaine de tâches de Caulerpa taxifolia var. distichophylla», indique-t-il. Cette espèce, originaire de Perth en Australie, a été observée en 2003 en Syrie, puis a gagné les côtes méditerranéennes, notamment en Turquie, en Grèce, en Sicile et en Espagne.
«La présence la plus proche de nous qui a été signalée c’est dans le Sud de la Sardaigne», précise le professeur.
Impact écologique et risques pour les écosystèmes
La distichophylla, bien que plus fragile que sa cousine la Caulerpa taxifolia, a une forte capacité à coloniser les fonds marins. «Elle peut former des peuplements extrêmement denses capables de recouvrir jusqu’à 100 % du substrat marin», explique le professeur Meinesz. Cette invasion met en compétition les autres algues pour la lumière et les nutriments, entraînant un déséquilibre des écosystèmes.
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De plus, cette algue sécrète une substance, la caulerpényne, qui la rend inappétente pour les poissons et les oursins locaux. «Ce qui les soustrait à la prédation naturelle et risque de déséquilibrer la chaîne alimentaire côtière», précise le biologiste. Néanmoins, il estime que la distichophylla sera moins nocive que son aînée, en raison de sa fragilité.
Réactions et mesures prises par les autorités
Le professeur Meinesz a rédigé un article scientifique sur cette variété de Caulerpa taxifolia pour informer la communauté internationale. Il lance également un appel aux citoyens pour participer au suivi de son expansion. «Aidez-les scientifiques à suivre son expansion !», insiste-t-il. Les signalements sont essentiels pour comprendre la progression de cette algue invasive.
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Les signalements sont gérés par le Dr Virginie Raybaud et l’ingénieur Jean-Michel Cottalorda.
Un autre problème : les morsures du baliste
En parallèle, des incidents impliquant le baliste, un poisson d’eau chaude, ont été signalés sur les côtes françaises. Le 8 août, une quarantaine de personnes ont été mordues sur la grande plage d’Hendaye, rapporte Sud Ouest. Ce poisson, nommé Balistes Capriscus, a été repéré de la Côte d’Azur au Pays basque, jusqu’à la baie de Paimpol en Bretagne.

«Une première !», affirme Arnaud Mandement, directeur général des services de la ville d’Hendaye. Le baliste, connu pour ses mâchoires puissantes, s’attaque aux mollets et aux chevilles des nageurs. «Durant la période de reproduction, de juin à septembre, la femelle creuse un trou pour déposer ses œufs, et le mâle défend son territoire», explique Pascal Romans, conservateur du Biodiversarium de Banyuls-sur-Mer.
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La hausse des températures des mers, liée au réchauffement climatique, pourrait expliquer l’extension de la trajectoire du baliste. «C’est un signe supplémentaire que les écosystèmes marins se dérèglent», déplore Dominique Barthélémy, conservateur du monde vivant à Océanopolis.
Les deux problématiques, l’algue invasive et les morsures du baliste, soulèvent des inquiétudes. Les scientifiques recommandent une vigilance accrue et une collaboration active entre les citoyens et les institutions pour surveiller ces changements.
Nicematin et Lefigaro rapportent ces développements.
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