Publié le 10 décembre 2025 à 17h23. Alexandre Djouhri, dernier des condamnés dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a été libéré sous contrôle judiciaire ce mercredi, après plus de dix semaines de détention. Sa remise en liberté intervient après celles de Wahib Nacer et de l’ancien chef de l’État lui-même.
- Alexandre Djouhri a obtenu sa libération après une première demande rejetée par la cour d’appel de Paris.
- Le changement d’avocat et l’insistance sur le principe de la présomption d’innocence ont joué un rôle déterminant.
- La défense a dénoncé un « acharnement judiciaire » fondé sur des « rumeurs et des calomnies ».
Après plus de dix semaines passées en détention à la maison d’arrêt de la Santé, l’homme d’affaires de 66 ans a recouvré la liberté, mais reste placé sous contrôle judiciaire. Sa libération, prononcée par la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Paris, fait suite à celle du banquier Wahib Nacer, le 28 octobre, et de Nicolas Sarkozy, le 10 novembre. Tous trois avaient été condamnés le 25 septembre dernier à six ans de prison et à une amende de 3 millions d’euros dans le cadre de cette affaire complexe.
Une première demande de mise en liberté avait été formulée le 3 novembre par son précédent avocat, Charles Consigny. La cour l’avait alors rejetée, estimant que les garanties de représentation de M. Djouhri étaient « particulièrement faibles ». L’absence de compte bancaire en France pour payer un loyer et l’incertitude quant à son hébergement chez un cousin avaient pesé dans la décision. Alexandre Djouhri a donc opté pour un nouveau conseil, Maître Pierre-Henri Bovis.
Lors de l’audience du 8 décembre, Maître Bovis a mis l’accent sur le caractère exceptionnel que doit revêtir la détention provisoire. Il a rappelé que son client, ayant fait appel de son jugement, bénéficiait à nouveau de la présomption d’innocence.
« Le prétendu financement libyen n’est fondé que sur des rumeurs et des calomnies »
Maître Pierre-Henri Bovis, avocat d’Alexandre Djouhri
Il a également dénoncé les fondements de l’accusation, affirmant que
« Toutes ses détentions ont été fondées sur deux mensonges : le premier, qu’il serait le personnage-clé du financement libyen [de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007] et deux, qu’il aurait opté pour une stratégie de fuite »
Maître Pierre-Henri Bovis, avocat d’Alexandre Djouhri
, dénonçant un « acharnement judiciaire » à l’encontre de son client.
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