Publié le 24 novembre 2023. Face à la fragilité de son gouvernement de coalition après les récentes émeutes, le président indonésien Prabowo Subianto a procédé à deux remaniements ministériels pour renforcer son pouvoir et son contrôle, notamment en donnant une place accrue à l’armée.
- Prabowo Subianto a remanié son cabinet à deux reprises suite aux troubles de l’été.
- Ces changements visent à consolider le pouvoir et à répondre à ce que le président décrit comme une menace de déstabilisation.
- L’influence de l’ancien président Joko Widodo reste forte au sein du gouvernement, via son fils, le vice-président Gibran Rakabumining Raka, et plusieurs ministres reconduits.
Les émeutes anti-gouvernementales de l’été dernier constituent le défi le plus sérieux rencontré par Prabowo Subianto depuis son investiture en octobre 2022. Le président n’a pas étayé ses accusations de tentatives de changement de régime, mais sa réaction, marquée par des modifications au sein de son cabinet et un renforcement du rôle de l’armée indonésienne (TNI), témoigne de sa volonté de reprendre la main et d’affirmer son autorité.
La coalition au pouvoir, qui contrôle plus de 80 % des sièges à la Chambre des représentants, est composée de sept partis politiques sur huit. Elle inclut également divers groupes d’intérêt, notamment l’armée (TNI), la police nationale (Polri), ainsi que des acteurs économiques et religieux.
Un autre groupe influent au sein du gouvernement, bien que non officiellement désigné, est celui de l’ancien président Joko Widodo, que Prabowo Subianto a remplacé en octobre 2023. Jokowi conserve une influence notable grâce à son fils, Gibran Rakabumining Raka, actuel vice-président, et à la reconduction de 16 de ses anciens ministres et vice-ministres.
Cinq des ministres remplacés par Prabowo Subianto faisaient partie de l’administration Jokowi.
En tête de liste des changements figure la nomination de Budi Gunawan, un ancien chef du renseignement d’État sous Jokowi (2019-2024), au poste de ministre des affaires politiques, de la sécurité et de la coordination. Bien que considéré comme un loyaliste de Megawati Soekarnoputri, présidente du Parti démocratique indonésien de la lutte (PDIP) – le seul parti de la Chambre à ne pas faire partie de la coalition gouvernementale, sans pour autant jouer un rôle d’opposition –, Budi Gunawan était absent des apparitions publiques durant la semaine de troubles politiques. Il a été remplacé par Djamari Chaniago, 76 ans, un général à la retraite.
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