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Armement : le Canada rejoint le fonds de défense de l’UE

by Nicolas Lefèvre

Le Canada rejoindra prochainement le Fonds européen de défense (FED) et pourra accéder à des prêts pour le secteur de l’armement, marquant une nouvelle étape dans la coopération transatlantique en matière de sécurité. L’accord, annoncé conjointement par l’Union européenne et Ottawa, vise à renforcer les chaînes d’approvisionnement de défense à un moment de tensions géopolitiques croissantes.

Selon les termes de l’accord, le Canada pourra bénéficier du programme de prêts à long terme du FED, doté d’un budget pouvant atteindre 150 milliards d’euros. Ce mécanisme vise à soutenir les projets d’armement conjoints et à encourager les investissements dans des domaines clés tels que les systèmes de défense aérienne et les munitions.

« Ensemble, nous créerons des chaînes d’approvisionnement de défense résilientes entre nos industries à un moment crucial pour la sécurité mondiale », ont déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Mark Carney, Premier ministre canadien.

L’Union européenne avait lancé en mai dernier le programme Mesures de sécurité pour l’Europe (Sûr), qui permet aux entreprises de co-développement de bénéficier de ces prêts avantageux. Les pays de l’UE qui y participent s’engagent toutefois à dépenser les fonds empruntés pour acquérir des équipements fabriqués à au moins 65 % en Europe, avec des exceptions possibles pour les pays partenaires comme le Canada.

La participation du Royaume-Uni au programme s’est révélée impossible. Londres souhaitait rejoindre Sûr, mais les négociations ont échoué la semaine dernière en raison des exigences financières imposées par les États membres. Selon des sources européennes, le Royaume-Uni aurait dû contribuer à hauteur de 6,5 milliards d’euros pour participer au programme, une proposition que le gouvernement britannique a jugée trop élevée.

Cette fin de partie est perçue par certains observateurs comme un obstacle à une réconciliation post-Brexit entre Londres et Bruxelles.

L’Allemagne, quant à elle, a choisi de ne pas recourir à ce mécanisme de financement pour l’instant. Berlin estime pouvoir obtenir des prêts à des conditions plus avantageuses sur les marchés financiers, sans avoir besoin du soutien du FED. Toutefois, les entreprises allemandes pourront bénéficier des commandes financées par le programme.

Ce projet s’inscrit dans un contexte plus large de réarmement en Europe, motivé par la volonté de dissuader la Russie d’éventuelles agressions contre un État membre de l’UE, à la suite de la guerre en Ukraine. Le programme Sûr est toutefois controversé, car il a été mis en œuvre sans l’aval direct du Parlement européen, qui a donc décidé de contester sa légalité devant la Cour de justice européenne.

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