Publié le 2 novembre 2024 10h30. L’assurance dépendance allemande est confrontée à des difficultés financières majeures, avec un déficit de 550 millions d’euros accumulé en neuf mois. Malgré une aide gouvernementale d’urgence, les perspectives restent sombres et une réforme structurelle est attendue.
- L’assurance dépendance a enregistré un déficit de 550 millions d’euros au cours des trois premiers trimestres de 2024.
- Le gouvernement fédéral a débloqué un prêt de 500 millions d’euros pour stabiliser temporairement les finances de l’assurance.
- L’association faîtière des caisses d’assurance maladie légales (GKV) anticipe de nouveaux déficits importants dans les années à venir, malgré une augmentation des cotisations prévue en 2025.
La situation financière de l’assurance dépendance allemande est de plus en plus préoccupante. Les réserves de l’assurance, qui devraient s’élever à 5,34 milliards d’euros à la fin de l’année 2024, ne représentent plus qu’un mois de dépenses. Le prêt d’octobre dernier, d’un montant de 500 millions d’euros, visait à ramener les fonds à un niveau comparable à celui de l’année précédente, mais ne résout pas le problème de fond.
Lors d’une audition devant la commission de la santé du Parlement, l’association faîtière GKV a vivement critiqué la stratégie du gouvernement fédéral, estimant que le recours répété à des prêts ne fait que repousser les difficultés.
« Compenser ces problèmes par de plus en plus de prêts ne fait que reporter les problèmes à l’avenir. »
Association faîtière des caisses d’assurance maladie légales (GKV)
L’association s’attend à des déficits annuels d’un milliard d’euros dans les années à venir.
Le gouvernement fédéral prévoit déjà un nouvel emprunt de 3,2 milliards d’euros pour l’année prochaine afin de maintenir la stabilité des cotisations jusqu’au début de l’année 2026. Cependant, cette solution est jugée insuffisante par la Fondation allemande pour la protection des patients.
Eugen Brysch, membre du conseil d’administration de la Fondation, a appelé à des décisions politiques courageuses et dénoncé le manque de financement de l’État pour les investissements dans les maisons de retraite, qualifiant cela de « pillage ».
« Jusqu’à présent, il y a eu un manque de courage politique pour prendre des décisions. »
Eugen Brysch, membre du conseil d’administration de la Fondation allemande pour la protection des patients
Selon lui, si le financement des maisons de retraite était assuré, aucune augmentation des cotisations ne serait nécessaire pendant les 15 prochaines années.
Un groupe de travail fédéral-Länder, mis en place par le gouvernement, doit présenter en décembre des propositions pour une réforme financière globale de l’assurance dépendance. Cette réforme est d’autant plus urgente que le nombre de personnes nécessitant des soins ne cesse d’augmenter, exerçant une pression financière croissante sur le système.
