La crainte d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt a pesé sur les marchés ce jour, malgré une performance exceptionnelle de Nvidia qui a limité les pertes globales. Les rendements obligataires ont fortement progressé, alimentant les inquiétudes quant à une possible réévaluation des perspectives économiques.
L’indice CDX de crédit à haut rendement, baromètre du risque sur le marché obligataire, a subi une pression notable, chutant de plus de 80 points de base malgré une clôture en légère hausse d’environ 20 points de base. La largeur du marché était également fragile, avec seulement 80 actions en hausse pour 419 en baisse sur l’indice SPX.
Le taux d’intérêt à 10 ans a bondi de près de 11 points de base, atteignant un niveau clé autour de 4,35 %. Un franchissement de ce seuil pourrait signaler un mouvement haussier significatif, susceptible de pousser les rendements à 5 %, un niveau non vu depuis octobre dernier. Certains analystes estiment même que le taux à 10 ans pourrait atteindre 6 %, notamment si le taux neutre de la Réserve fédérale (Fed) se situe autour de 3,5 %, comme le suggèrent les échanges de contrats à terme sur les taux de financement de la Fed.
Si le taux à 10 ans se négocie 200 points de base au-dessus du taux des fonds fédéraux, il pourrait facilement atteindre 5,5 %. Une propagation plus proche de son niveau historique, aux alentours de 300 points de base, pourrait même le porter à 6,5 %.
La performance de Nvidia a joué un rôle crucial dans la limitation des pertes du marché. L’action a progressé de plus de 3 %, portée par l’activité des options. Nvidia a à elle seule représenté 150 % des gains du Bloomberg 500, contribuant à hauteur d’environ 5,7 points. En conséquence, l’indice S&P 500, pondéré en capitalisation boursière, n’a reculé que de 18 points de base, tandis que l’indice S&P 500 pondéré de manière égale a chuté de 83 points de base.
La volatilité implicite (IV) de Nvidia a augmenté, tandis que le biais (skew) a diminué, indiquant une pression gamma claire. L’IV de Nvidia approche les 60 %, un niveau auquel l’action a historiquement du mal à évoluer, car les options d’achat deviennent moins rentables à ce niveau.
Les actions à petite capitalisation ont particulièrement souffert, chutant de 1,6 %. L’indice IWM n’a pas réussi à franchir le niveau de résistance de 226 $ pour la deuxième fois depuis juillet. Par ailleurs, le secteur des semi-conducteurs a reculé de près de 3 %, trouvant un soutien sur une ligne de tendance supérieure dans le cadre d’un modèle de bosse et d’épaule. La poursuite de la hausse des taux d’intérêt pourrait accentuer la pression sur ce secteur.
Le secteur technologique, qui a chuté de près de 1,7 %, semble également suivre la même tendance. Les deux secteurs semblent évoluer en tandem.
