Publié le 15 décembre 2023. L’industrie automobile allemande traverse une période de crise, avec une chute de ses ventes et de ses bénéfices au troisième trimestre, atteignant leur plus bas niveau depuis 2009. Cette situation est exacerbée par la concurrence asiatique grandissante et les défis liés à la transition vers l’électromobilité.
- Les ventes combinées de Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz ont stagné au troisième trimestre.
- L’Allemagne affiche les performances les plus faibles parmi les principaux pays automobiles en termes de profits et de ventes.
- Les constructeurs allemands sont particulièrement touchés par la crise mondiale du secteur automobile.
L’industrie automobile allemande, pilier de l’économie nationale, est confrontée à des difficultés majeures. Selon une étude du cabinet de conseil EY, les ventes et les bénéfices des constructeurs allemands ont chuté au troisième trimestre, atteignant leur niveau le plus bas depuis le troisième trimestre 2009, en pleine crise financière mondiale.
Cette baisse de régime est particulièrement visible chez les géants du secteur : Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz ont vu leurs ventes stagner. L’Allemagne se distingue négativement parmi les grandes nations automobiles, affichant les résultats les plus décevants en matière de rentabilité et de volume des ventes.
Constantin Gall, expert automobile chez EY, souligne l’ampleur de la crise :
« L’industrie automobile mondiale traverse une crise profonde, mais pour le moment, ce sont les constructeurs automobiles allemands qui souffrent le plus. »
Constantin Gall, expert de l’industrie automobile chez EY
Il explique que plusieurs facteurs contribuent à cette situation, notamment la faible demande pour les voitures de luxe, la politique douanière américaine, les fluctuations des taux de change, les coûts élevés liés aux restructurations et les investissements massifs dans l’électromobilité, dont les retombées positives ne se font pas encore sentir.
Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Centre de recherche automobile (CAR) de Duisburg, anticipe une poursuite de la baisse de la production automobile en Allemagne l’année prochaine. Il prévoit également un déplacement partiel de la production vers les États-Unis, en raison de la politique tarifaire du président américain Donald Trump. Selon ses estimations, le nombre d’emplois dans les usines automobiles allemandes pourrait diminuer, passant d’environ 720 000 à moins de 700 000.
La montée en puissance des constructeurs automobiles asiatiques est également un facteur déterminant. Dudenhöffer insiste sur le fait que
« La croissance se produit en Asie et les constructeurs automobiles asiatiques dominent de plus en plus le secteur automobile. »
Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Centre de recherche automobile (CAR) de Duisburg
Cette année, les constructeurs asiatiques contrôlent environ 60 % du marché automobile mondial, la Chine à elle seule représentant plus d’un tiers de la production mondiale, tandis que l’Europe ne pèse que 15 %.
Cette situation a des répercussions au-delà des frontières allemandes, notamment en République tchèque, où de nombreuses entreprises dépendent de l’industrie automobile allemande. Škoda Auto, filiale du groupe Volkswagen, est particulièrement concernée.