Publié le 8 décembre 2025. La demande croissante en puissance de calcul pour l’intelligence artificielle fait flamber les prix des composants informatiques, notamment la mémoire vive et les puces graphiques. Nvidia dévoile sa nouvelle superpuce GB300, une solution massive destinée aux centres de données, qui illustre l’ampleur de cette course à la performance.
- Les prix de la mémoire RAM et des SSD sont en forte hausse, impactant le coût des cartes graphiques, des smartphones et autres appareils électroniques.
- Nvidia lance la GB300, une superpuce dotée de 21 To de mémoire HBM3e et LPDDR5X, intégrée dans des serveurs NVL72 d’une valeur de plus de trois millions de dollars.
- La République tchèque participe à la production de serveurs pour l’IA, grâce à des investissements taïwanais.
L’essor de l’intelligence artificielle, et plus particulièrement des modèles nécessitant une puissance de calcul considérable, exerce une pression sans précédent sur le marché des composants électroniques. Les centres de données dédiés à l’IA consomment d’énormes quantités de mémoire, saturant les capacités de production des fabricants de puces. Cette situation se traduit par une augmentation significative des prix, affectant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, des particuliers aux entreprises.
Nvidia, un acteur majeur dans le domaine de l’IA, a récemment présenté sa superpuce GB300, une évolution de la GB200. Cette nouvelle puce intègre deux GPU de nouvelle génération (B300, avec plus de 20 000 cœurs CUDA et 208 milliards de transistors) ainsi qu’un processeur Grace ARM. La principale nouveauté réside dans la quantité de mémoire embarquée : 576 Go de mémoire HBM3e (288 Go par GPU) et 480 Go de LPDDR5X, Nvidia ayant adopté pour la première fois le format LPCAMM pour optimiser l’espace.
Ces superpuces sont assemblées dans des serveurs prêts à l’emploi, les NVL72, que Nvidia propose comme une solution de référence. Des partenaires tels que Hewlett Packard Enterprise et Supermicro proposent également leurs propres versions. La production de ces serveurs IA a même démarré en République tchèque, grâce à des investissements de groupes taïwanais comme Wistron, Inventec et Foxconn. Des usines locales fabriquent ainsi des serveurs destinés à des géants comme Meta ou Microsoft.
Un NVL72 coûte un peu plus de trois millions de dollars et comprend 72 cartes graphiques Blackwell Ultra (B300) et 36 processeurs Nvidia Grace, pour un total de 2 592 cœurs ARM Neoverse V2. La mémoire totale disponible pour les graphiques (HBM3e) peut atteindre 21 To, avec un débit au niveau du rack de 576 To/s. La mémoire dédiée aux processeurs (LPDDR5X) s’élève jusqu’à 17 To. Le système est interconnecté via la technologie NVLink de cinquième génération, atteignant une vitesse de 1,8 To/s au sein de chaque unité de calcul (18 plateaux de calcul, chacun contenant deux GB300) et un débit total de 130 To/s. La connectivité réseau est assurée par Connect-X 8, avec une bande passante de 800 Gb/s, et 18 puces DPU BlueField-3 pour accélérer les transferts de données.
Le NVL72 utilise un système de refroidissement liquide direct pour maintenir une densité technologique élevée, avec une consommation électrique comprise entre 132 et 140 kW. Chaque carte graphique B300 consomme environ 1 400 W. Ces serveurs sont souvent regroupés en grands clusters, capables de fournir jusqu’à 1 440 pétaflops pour l’inférence (FP4) ou 720 pétaflops pour l’entraînement (FP8/FP6).
Les NVL72 peuvent être achetés directement sous forme de racks complets, ou via des fournisseurs de services cloud qui intègrent progressivement cette technologie dans leurs offres. Amazon Web Services a ainsi lancé en novembre 2023 les instances EC2 P6-B300, proposant huit graphiques B300, 192 vCPU, 4 To de mémoire et 2 144 Go de mémoire HBM3e, avec une vitesse de connexion entre les graphiques de 1 800 Go/s et une bande passante réseau de 6,4 Tb/s.
Pour visualiser l’ampleur de cette prouesse technologique, on peut comparer avec la superpuce Nvidia GB200, présentée précédemment par Nvidia.
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