Home NouvellesC’est une guerre de « mots » entre Siddaramaiah et Shivakumar : CM revendique « cinq années complètes » alors que les troubles du Karnataka Cong s’intensifient

C’est une guerre de « mots » entre Siddaramaiah et Shivakumar : CM revendique « cinq années complètes » alors que les troubles du Karnataka Cong s’intensifient

by Nicolas Lefèvre

Publié le 27 novembre 2025 à 16h54. Des tensions persistantes au sein du Congrès du Karnataka mettent en lumière une lutte de pouvoir entre le chef de l’État, Siddaramaiah, et son adjoint, D.K. Shivakumar, au sujet de la répartition des responsabilités et de l’avenir du parti.

  • Le chef du gouvernement, Siddaramaiah, insiste sur la nécessité d’honorer l’intégralité de son mandat de cinq ans.
  • D.K. Shivakumar, considéré comme l’héritier potentiel de Siddaramaiah, réclame le respect d’un accord implicite prévoyant un partage du pouvoir après 2,5 ans.
  • Cette querelle interne ravive les souvenirs de crises similaires survenues dans d’autres États du Congrès, comme le Rajasthan et le Chhattisgarh, où le parti a perdu le pouvoir.

La dispute, qui s’est intensifiée publiquement ces derniers jours, se cristallise autour de la question de savoir si un accord a été conclu après les élections de 2023 pour que D.K. Shivakumar, 63 ans, prenne la tête du gouvernement après une période de 2,5 ans. Bien que le parti n’ait jamais officiellement confirmé cette formule, Shivakumar a récemment évoqué un « accord secret », alimentant les spéculations.

Tout a commencé lorsque D.K. Shivakumar a publié un message sur X (anciennement Twitter) soulignant l’importance de tenir parole. Ce message a été largement interprété comme une pression exercée sur la direction du parti pour qu’elle respecte l’engagement pris envers lui. Il a écrit :

« Tenir parole est la plus grande force du monde ! Qu’il s’agisse d’un juge, d’un président ou de toute autre personne, y compris moi-même, tout le monde doit joindre le geste à la parole. Le pouvoir des mots est le pouvoir mondial. »

D.K. Shivakumar

Siddaramaiah, 77 ans, n’a pas tardé à réagir, adoptant un ton similaire mais insistant sur son intention de mener à bien l’intégralité de son mandat. Il a affirmé que le peuple du Karnataka lui avait confié une responsabilité qui s’étend sur cinq années complètes. Dans un message publié sur le même réseau social, il a déclaré :

« Le mandat donné par la population du Karnataka n’est pas un instant, mais une responsabilité qui dure cinq années complètes. Une parole n’est pas un pouvoir à moins qu’elle n’améliore le monde pour les gens. Notre parole au Karnataka n’est pas un slogan, elle signifie le monde pour nous. »

Siddaramaiah

Il a également rappelé qu’au cours de son précédent mandat de chef du gouvernement (2013-2018), il avait tenu 157 des 165 promesses électorales.

Cette situation rappelle des crises similaires survenues dans d’autres États du Congrès. Au Rajasthan, en 2020, une lutte de pouvoir entre le chef de l’État, Ashok Gehlot, et son adjoint, Sachin Pilot, avait fragilisé le gouvernement. Au Chhattisgarh, une rivalité entre le chef de l’État, Bhupesh Baghel, et son ministre T.S. Singh Deo avait également créé des tensions. Dans les deux cas, le Congrès a perdu le pouvoir lors des élections suivantes.

Le président du Congrès, Mallikarjun Kharge, a tenté de minimiser l’importance de cette querelle publique, affirmant que toute décision concernant la répartition des responsabilités serait prise par le « haut commandement » du parti, c’est-à-dire Sonia Gandhi, Rahul Gandhi et lui-même. Il a ajouté qu’il n’était pas nécessaire d’en discuter en public.

La question du renouvellement générationnel semble être au cœur de cette crise. Comme l’ont montré les exemples du Rajasthan, du Chhattisgarh, du Pendjab et du Madhya Pradesh, les querelles internes liées à la succession peuvent avoir des conséquences désastreuses pour le parti.

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