Publié le 21 novembre 2025 à 16h45. Un plan de paix pour l’Ukraine, élaboré en coulisses par des émissaires américains et russes, suscite l’inquiétude à Kiev et provoque des fluctuations sur les marchés financiers, alors que Washington semble presser l’Ukraine d’accepter des concessions territoriales.
- Un plan de paix en 28 points, impliquant des concessions territoriales de l’Ukraine en faveur de la Russie, a été divulgué et provoque des réactions mitigées.
- Donald Trump, par l’intermédiaire de son émissaire, semble vouloir imposer un calendrier strict à l’Ukraine pour parvenir à un accord.
- Les marchés énergétiques réagissent déjà à la perspective d’une résolution du conflit, avec une baisse des prix du pétrole.
Des négociations secrètes entre les États-Unis et la Russie ont abouti à un projet de plan de paix pour l’Ukraine, dont les détails ont commencé à filtrer, suscitant l’inquiétude à Kiev et une certaine nervosité sur les marchés financiers. Le plan, composé de 28 points, impliquerait des concessions territoriales significatives de l’Ukraine, notamment la reconnaissance de l’annexion de la Crimée et le statut des régions de Donetsk et Louhansk. Il exigerait également que l’Ukraine renonce définitivement à toute adhésion à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
Selon les informations disponibles, Washington exercerait une pression croissante sur l’Ukraine pour qu’elle accepte ces conditions. Donald Trump, par l’intermédiaire de son émissaire, Steve Witkoff, souhaiterait mettre un terme rapide au conflit, fixant un délai à Volodymyr Zelensky pour prendre une décision. Cette situation intervient alors que l’Ukraine est fragilisée par des scandales de corruption internes, qui ébranlent la confiance internationale dans le pays.
Les marchés financiers réagissent déjà à la perspective d’une résolution du conflit. Les prix du pétrole ont commencé à baisser, le baril de Brent s’échangeant à environ 62 dollars américains le vendredi matin (contre 75 dollars américains à la même époque l’année précédente). La Bourse de Moscou a également enregistré une hausse de 2,4 %, les entreprises du secteur de l’énergie affichant des gains de 3 à 5 %. Les investisseurs semblent anticiper un retour à la normale et une diminution des risques géopolitiques.
Le plan de paix prévoit également une limitation du nombre de militaires dans l’armée ukrainienne et d’autres conditions jugées sérieuses. Il est également envisagé un retour de la Russie au sein du G8 et la levée des sanctions internationales. L’influence américaine se manifesterait principalement dans la mise en place d’un mécanisme de sécurité, qualifié de « mini-OTAN », qui garantirait à l’Ukraine des protections similaires à celles offertes par l’Alliance atlantique en cas de violation de l’accord par la Russie.
L’élaboration de ce projet a impliqué Kirill Dmitriev, l’envoyé spécial russe, qui aurait coordonné le document avec Steve Witkoff. Selon certaines sources, le plan reflète en grande partie les revendications territoriales et les exigences formulées par la Russie dans le passé, notamment en matière de statut de la langue russe et de l’orthodoxie russe.
À Kiev, l’accueil de ce plan est glacial. Le gouvernement ukrainien affirme ne pas avoir été associé à son élaboration, ce qui alimente les soupçons d’un accord bilatéral entre les États-Unis et la Russie. Volodymyr Zelensky a souligné que l’Ukraine souhaite la paix, mais qu’elle a également ses propres propositions.
« Soit nous perdons notre dignité, soit nous risquons de perdre un partenaire clé. »
Volodymyr Zelensky, Président de l’Ukraine
Selon le politologue Igor Reiterovics, le projet actuel est une reformulation des propositions infructueuses des pourparlers de paix d’Istanbul en 2022. Il estime qu’aucun homme politique ukrainien ne serait prêt à signer un tel accord.
L’Europe observe également ces développements avec inquiétude. Kaja Kallas, Première ministre estonienne, a déclaré qu’un plan de paix sur lequel l’Ukraine et l’Union européenne ne se sont pas entendues ne saurait fonctionner. Elle a souligné qu’il serait inacceptable de récompenser l’agression russe.
Parallèlement, les médias russes se réjouissent du scandale de corruption en Ukraine, le considérant comme un signe de faiblesse et une opportunité de faire pression sur Kiev pour qu’elle accepte un compromis.

Le taux de change du pétrole de type Bernt au cours des 5 derniers jours
Source : TradingView
Annonce sérieuse : Zelensky adoucit-il les Ukrainiens ?
Dans un discours prononcé le vendredi après-midi, Volodymyr Zelensky a mis en garde son peuple contre les conséquences d’un refus du plan de paix en 28 points, soulignant que l’Ukraine était confrontée à l’un des moments les plus difficiles de son histoire. Il a averti que le pays pourrait perdre le soutien américain s’il ne parvenait pas à un accord.
Voici l’étonnant plan de paix américain : Moscou paierait un loyer aux Ukrainiens pour les territoires occupés
Selon le Telegraph, l’accord envisagé par l’administration Trump prévoit que Kiev céderait le contrôle de la région orientale du Donbass, tout en conservant sa propriété. La Russie paierait un loyer pour l’utilisation effective de la région.
Poutine l’a admis : nous avons le plan de paix, mais il est également satisfait de ce qui se passe sur le front
Vladimir Poutine a confirmé avoir pris connaissance du plan de paix en 28 points proposé par Donald Trump, qu’il considère comme une version modifiée de propositions antérieures. Il a déclaré que la Russie était prête à engager des négociations, mais a également exprimé sa satisfaction quant à la situation sur le front.

L’Ukraine veut la paix – déclaration de Volodymyr Zelensky jeudi soir
Source : X
