Publié le 22 novembre 2025 à 16h48. L’ajustement du salaire minimum pour 2026 suscite des inquiétudes parmi les commerçants colombiens, qui craignent une augmentation de l’informalité et une pression inflationniste si l’augmentation dépasse les prévisions économiques.
- Les commerçants affiliés à Fenalco s’inquiètent du coût d’un travailleur si le salaire minimum augmentait de 11 % l’année prochaine.
- Selon Fenalco, une augmentation du salaire minimum supérieure à l’inflation ne se traduit pas nécessairement par une amélioration du pouvoir d’achat, car elle est souvent répercutée sur les prix.
- Anif estime qu’une augmentation du salaire minimum de 7,54 % serait plus appropriée, compte tenu de l’inflation et de la productivité du travail.
Les discussions concernant l’ajustement du salaire minimum pour 2026 débutent sans qu’une table de dialogue formelle n’ait été établie. Les acteurs économiques colombiens évaluent déjà les conséquences potentielles des différentes options envisagées, notamment sur le coût du travail et l’emploi. Les commerçants, regroupés au sein de Fenalco, expriment leur vive préoccupation face à une augmentation potentielle de 11 %, jugée trop importante.
Jaime Alberto Cabal, président de Fenalco, a souligné que
« En pratique, cela devient ‘ce qui est mangé pour ce qui est servi’. Le salaire augmente, mais les prix augmentent aussi, et le travailleur se retrouve sans réel avantage. Ce phénomène est connu sous le nom d’indexation, un cercle dans lequel les augmentations de salaire génèrent plus d’inflation et l’inflation force de nouvelles augmentations, sans qu’il y ait de progrès concrets en matière de bien-être. »
Jaime Alberto Cabal, président de Fenalco
Selon les estimations de Fenalco, si le salaire minimum était augmenté de 11 % en 2026, le coût total d’un employé pour l’entreprise atteindrait 2 800 499 $ (environ 77 % de plus que le salaire minimum actuel). Une telle augmentation pourrait inciter les petites et moyennes entreprises (PME) à embaucher davantage dans le secteur informel ou à réduire leurs effectifs, affectant ainsi le niveau d’emploi.
Anif (Asociación Nacional de Instituciones Financieras) propose une approche plus modérée. Sur la base d’une inflation projetée de 5,34 % et d’une croissance de la productivité du travail de 2,2 %, Anif estime qu’une augmentation de 7,54 % serait plus appropriée. Dans ce scénario, le salaire minimum passerait de 1 423 500 $ à 1 530 830 $ (environ 2 737 220 $ en incluant les cotisations sociales et autres charges). Anif met en garde contre les conséquences d’une augmentation excessive du salaire minimum sur les obligations de retraite du gouvernement, indexées sur le Salaire minimum légal en vigueur (SMLV).
Anif estime également que chaque point de pourcentage supplémentaire dans l’augmentation du salaire minimum représente un coût budgétaire supplémentaire de 0,24 billion de pesos dans le régime de prime moyenne, ce qui pourrait compromettre la stabilité macroéconomique et ralentir la création d’emplois formels.
Les discussions sur l’augmentation du salaire minimum ne devraient pas se limiter à la protection du pouvoir d’achat des travailleurs, mais aussi tenir compte des pressions économiques auxquelles la Colombie est confrontée, selon Anif.
Le ministère du Travail doit prendre un décret augmentant le minimum avant le 30 décembre. Les dialogues se poursuivront jusqu’au 15 décembre, date à laquelle le Dane présentera les données du PIB du troisième trimestre et les comptes nationaux. Des séances de consultation extraordinaires sont prévues pendant la semaine du 22 au 26 décembre (hors 25 décembre). En cas de désaccord, les objections écrites des parties seront examinées les 16 et 17 décembre.
- Quel serait le coût total d’un travailleur au salaire minimum en 2026 ?
- Entre 2,73 et 2,80 millions de dollars, selon que l’augmentation est de 7,5 % ou de 11 %.
- Quelle augmentation Anif propose-t-elle techniquement pour le SMIC ?
- 7,54 %, sur la base de l’inflation projetée et de la productivité du travail.
- Pourquoi une forte augmentation du salaire minimum génère-t-elle de l’informalité ?
- Les PME ne peuvent pas assumer des coûts plus élevés et choisissent de ne pas contracter ou formaliser.
