Publié le 22 novembre 2025 à 17h08. La COP30, qui s’est achevée à Belém au Brésil, a abouti à un accord climatique décevant, incapable de s’engager sur une voie claire pour l’abandon progressif des combustibles fossiles, malgré les pressions internationales.
- L’accord de la COP30 ne fixe aucun calendrier pour la réduction de l’utilisation du gaz, du pétrole et du charbon.
- Les pays développés sont appelés à maintenir leur engagement de fournir 300 milliards de dollars par an aux pays émergents, avec un objectif de 1,3 billion de dollars d’ici 2035.
- La résistance des pays producteurs de pétrole, notamment la Russie, l’Inde et l’Arabie saoudite, a été déterminante dans l’issue des négociations.
L’issue de la COP30 à Belém a laissé un goût amer à de nombreux observateurs. Après des négociations intenses, les près de 200 pays participants ont adopté un accord climatique qui, bien que consensuel, manque d’ambition et ne contient pas de feuille de route contraignante pour sortir des énergies fossiles. Cette absence de progrès majeur a suscité des critiques virulentes, notamment de la part des nations les plus vulnérables au changement climatique.
Le texte final, présenté par la présidence brésilienne, se contente d’appeler à une accélération de l’action climatique « sur une base volontaire ». Il maintient les engagements financiers précédemment pris lors de la COP29 à Bakou, incitant les pays développés à respecter leur promesse de mobiliser 300 milliards de dollars (environ 275 millions d’euros) par an pour aider les pays en développement à s’adapter aux effets du réchauffement climatique et à réduire leurs émissions. L’objectif d’atteindre 1,3 billion de dollars (environ 1 190 millions d’euros) de financement climatique annuel d’ici 2035, en combinant fonds publics et privés, a également été réaffirmé.
L’accord prend acte de la proposition d’une feuille de route dite « Bakou-Belém », qui explore de nouvelles sources de revenus potentielles, telles que des taxes sur le luxe, les technologies et le matériel de guerre. Cependant, il ne fixe aucune obligation spécifique en la matière. Il réaffirme également l’engagement pris dans l’Accord de Paris de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en reconnaissant que cet objectif devient de plus en plus difficile à atteindre.
La résistance des pays producteurs de pétrole a été un obstacle majeur tout au long de la conférence. La Russie, l’Inde et l’Arabie saoudite, ainsi que d’autres économies émergentes, ont bloqué toute mention d’une sortie progressive des énergies fossiles. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a résumé la situation en déclarant : « Qui sont ceux qui bloquent le plus ? Nous les connaissons tous. Ce sont les pays producteurs de pétrole, bien sûr. La Russie, l’Inde, l’Arabie saoudite. Mais de nombreux pays émergents les rejoignent également. »
Plus de 80 pays, dont la Colombie, la France, l’Espagne, les Pays-Bas et le Kenya, avaient plaidé pour l’inclusion d’une feuille de route claire pour l’abandon des combustibles fossiles. Le commissaire européen au climat, Wopke Hoekstra, a exprimé sa déception avant l’approbation du texte : « Nous aurions aimé qu’il y ait beaucoup plus, plus d’ambition. » La France a qualifié l’accord de « décevant », tandis que d’autres pays ont déploré l’absence de progrès significatifs par rapport à la COP28 à Dubaï, où une sortie progressive du gaz, du pétrole et du charbon avait été évoquée pour la première fois.
Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a défendu les résultats du sommet, soulignant l’importance du multilatéralisme. « La science a triomphé, le multilatéralisme a gagné », a-t-il déclaré depuis le sommet du G20 à Johannesburg.
La société civile a également eu une forte présence à la COP30. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pacifiquement dans les rues de Belém le 15 novembre, et le sommet a donné une plateforme aux communautés indigènes, notamment après un incident où un groupe d’indigènes et de militants ont affronté les agents de sécurité pour exiger d’être entendus.
Le déroulement du sommet a été perturbé par des incidents logistiques et sécuritaires, notamment un incendie dans la zone du pavillon national qui a nécessité l’évacuation de milliers de participants et a temporairement interrompu les négociations. Les causes de l’incendie font l’objet d’une enquête.
La COP30 à Belém, la première à se tenir en Amazonie, a mis en évidence les difficultés persistantes à progresser vers une action climatique plus ambitieuse et a remis en question la possibilité de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. La planète se rapproche dangereusement de ce seuil, après avoir enregistré les onze années les plus chaudes de son histoire récente.
