Washington est à nouveau au bord du chaos budgétaire, avec la menace d’une fermeture partielle du gouvernement fédéral qui plane sur les marchés financiers. L’incapacité du Congrès à adopter les lois de financement nécessaires avant la date limite de ce vendredi 29 septembre pourrait entraîner des perturbations économiques et une érosion de la confiance des investisseurs, tant aux États-Unis qu’à l’étranger.
Les conséquences d’une telle paralysie sont multiples. Les fermetures administratives envoient un signal négatif sur la stabilité politique de la première économie mondiale, obligeant les investisseurs à réévaluer les risques et à ajuster leurs stratégies. On observe déjà un mouvement de fuite vers des valeurs refuges, avec le prix de l’or atteignant de nouveaux sommets. Les rendements des bons du Trésor américain sont également volatils, avec un risque de baisse, mais les tensions budgétaires actuelles pourraient paradoxalement les faire grimper.
Le dollar américain, bien que toujours la monnaie de réserve mondiale, est particulièrement vulnérable à une perte de confiance si le système politique américain est perçu comme incapable de gérer ses finances publiques. Une impasse prolongée pourrait accélérer la tendance à la diversification des actifs hors du dollar, vers d’autres devises ou des actifs comme l’or.
Ce n’est pas la première fois que les États-Unis sont confrontés à cette situation. Depuis 1950, il y a eu 21 fermetures du gouvernement, la plupart durant quelques jours. Cependant, la fermeture de 2018-2019, qui a duré 35 jours, a coûté environ 3 milliards de dollars (environ 2,75 milliards d’euros) de pertes économiques permanentes, entraînant une baisse des rendements corrigés des bons du Trésor et une détérioration de la confiance des entreprises.
Le contexte actuel rend cette nouvelle menace particulièrement préoccupante. Le ralentissement de la croissance mondiale, les tensions géopolitiques croissantes et le maintien de taux d’intérêt élevés créent un environnement d’incertitude accrue. Une fermeture du gouvernement viendrait s’ajouter à ces facteurs de risque et amplifier la volatilité des marchés.
Par ailleurs, une conséquence souvent sous-estimée est la perturbation de la publication des statistiques gouvernementales. Les agences pourraient suspendre la diffusion de données clés, telles que les chiffres de l’emploi et les rapports sur l’inflation. Or, les marchés financiers s’appuient sur ces indicateurs pour anticiper les résultats des entreprises, les taux d’intérêt et l’évolution des monnaies. L’absence de ces données pourrait alimenter la spéculation et entraîner des fluctuations brutales des marchés.
Les actions sont particulièrement exposées à ces risques. Si les fermetures courtes sont souvent bien accueillies par les marchés, une impasse prolongée pourrait entraîner une perte de confiance et des ventes massives. Les entreprises dépendant de contrats gouvernementaux ou d’approbations réglementaires pourraient également subir des retards et voir leurs revenus affectés. La confiance des consommateurs, quant à elle, a tendance à baisser en période de dysfonctionnement politique, ce qui pèse sur les dépenses et les bénéfices des entreprises.
Pour les investisseurs, il est crucial de ne pas céder à la panique, mais d’adopter une approche pragmatique de gestion des risques. Il est conseillé de privilégier les entreprises solides, dotées de fondamentaux sains, et de diversifier les portefeuilles entre différentes zones géographiques et classes d’actifs. Les actifs alternatifs, comme l’or, peuvent également jouer un rôle de protection en période d’incertitude.
À Washington, les perspectives d’une amélioration rapide de la situation politique sont minces. Même si un accord temporaire est trouvé, les désaccords de fond risquent de persister, laissant planer la menace de nouvelles fermetures à l’avenir. Cette incertitude structurelle pourrait devenir une caractéristique permanente des actifs américains.
Les marchés peuvent s’adapter aux cycles économiques, à l’inflation et aux changements de politique monétaire. Ce qui mine le plus la confiance, c’est le dysfonctionnement politique. Chaque fermeture, même temporaire, érode la crédibilité des États-Unis en tant que gardien de l’économie mondiale. Les investisseurs doivent s’adapter en conséquence et se prémunir contre les risques politiques américains en diversifiant leurs portefeuilles et en privilégiant les actifs solides et résilients.
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