Home Mondecomment résoudre la crise du logement humaine et naturelle – The Irish Times

comment résoudre la crise du logement humaine et naturelle – The Irish Times

by Clara Dubois

La crise du logement en Irlande ne touche pas seulement les populations humaines, mais aussi la biodiversité. Face à la nécessité de construire 50 000 nouveaux logements d’ici 2040, une approche innovante, axée sur la nature, pourrait permettre de concilier développement urbain et préservation de l’environnement.

Le projet Bio-Voisin, fruit d’une collaboration entre le Conseil irlandais du bâtiment durable et Trinity College de Dublin, soutenu par l’Agence de logement, identifie les meilleures pratiques pour intégrer la nature dans les nouveaux ensembles résidentiels. L’objectif est de créer des quartiers plus verts et plus riches en biodiversité dès la phase de conception.

Plusieurs techniques éprouvées peuvent être mises en œuvre. Le pavage perméable, par exemple, favorise la vie du sol et l’infiltration de l’eau, réduisant ainsi la pression sur les réseaux d’égouts pluviaux. Les toits végétalisés offrent une isolation thermique performante, tout en créant des habitats pour les pollinisateurs et les oiseaux. Les rigoles, ces canaux peu profonds, collectent et retiennent les eaux de pluie, offrant des espaces propices à l’installation de la faune et de la flore, et contribuant à l’adaptation au changement climatique.

« Ce sont toutes des technologies bien établies qui utilisent la nature pour apporter des solutions bénéfiques pour l’homme, la biodiversité et le climat », souligne le projet Bio-Voisin.

Cependant, l’adoption à grande échelle de ces solutions se heurte à des obstacles. Dans le cadre des programmes de logements sociaux, l’aménagement d’espaces verts et bleus est parfois considéré comme un luxe superflu. Cette approche crée des inégalités, car les zones urbaines défavorisées sont souvent les moins bien dotées en espaces verts, exposant leurs habitants aux effets négatifs du changement climatique et limitant leur accès à des environnements favorables à la santé physique et mentale. Des études montrent même qu’une simple vue sur un espace vert peut accélérer la guérison et la convalescence.

À l’autre extrême, certains promoteurs utilisent des noms évoquant la nature – « ruisseau », « havre », « champ » – pour valoriser leurs projets, parfois même en construisant sur des sites naturels précieux.

Le règlement européen sur la restauration de la nature, qui guide la politique nationale irlandaise, prévoit l’absence de perte nette d’espaces verts et de couverture arborée en milieu urbain d’ici 2030, avec une augmentation progressive par la suite. La directive sur les rapports de développement durable des entreprises impose également aux grandes entreprises de mesurer et de rendre compte de leur impact sur la biodiversité, les incitant à adopter des stratégies de gain de biodiversité dans leurs projets urbains. La demande des consommateurs pour des logements durables contribue également à cette évolution.

Selon le récent Examen annuel de la biodiversité du Conseil consultatif sur le changement climatique (CCPA), il est essentiel de planifier la biodiversité dans tout nouveau projet d’infrastructure. Le conseil reconnaît le rôle crucial de la nature dans la capture du dioxyde de carbone et l’adaptation au changement climatique.

« En réglementant le développement des infrastructures pour qu’il n’y ait au moins aucune perte supplémentaire de biodiversité, le gouvernement peut contribuer à créer l’élan dont nous avons besoin dans le secteur de la construction pour contribuer à inverser la tendance à la perte de biodiversité », explique le CCPA.

Pour réussir cette transition, il est nécessaire de développer les compétences en matière de connaissance de la nature au sein des professions de la construction, de l’architecture et de l’urbanisme, de mettre en place des mécanismes financiers adaptés et de clarifier les responsabilités de chacun dans la gestion de la nature. L’intégration de la nature dans les nouveaux ensembles résidentiels pourrait ainsi offrir des bénéfices bien supérieurs à la simple satisfaction du besoin de logement.

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