Publié le 2024-05-08 14:35:00. Une étude récente suggère que l’administration de corticostéroïdes pourrait améliorer les chances de survie des patients atteints de pneumonie sévère ou de syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), sans augmenter significativement le risque d’infections.
- Les corticostéroïdes pourraient réduire la mortalité à court terme en cas de pneumonie grave et de SDRA.
- Ils pourraient également diminuer le risque de choc secondaire chez les patients souffrant de pneumonie sévère.
- L’étude ne révèle pas d’augmentation significative des complications infectieuses liées à l’utilisation de corticostéroïdes.
Des chercheurs de l’Hôpital La Pitié Salpêtrière et de Sorbonne Université ont mené une analyse approfondie de données issues de 20 essais cliniques randomisés, impliquant un total de 3 459 participants. Leur objectif : évaluer l’impact de l’ajout de corticostéroïdes systémiques aux traitements standards pour les pneumonies sévères et les SDRA, en dehors des cas liés au COVID-19.
L’analyse s’est concentrée sur les études utilisant des doses de corticostéroïdes de 3 mg/kg ou moins par jour, administrées pendant une période maximale de 15 jours, et initiées dans les 7 jours suivant le diagnostic de pneumonie ou de SDRA. Les résultats indiquent que l’ajout de corticostéroïdes est susceptible de diminuer la mortalité à court terme dans ces situations critiques. Cependant, l’étude souligne que les données concernant l’impact à long terme sur la mortalité restent incertaines.
En ce qui concerne les complications, les corticostéroïdes semblent réduire le risque de choc secondaire en cas de pneumonie grave. Ils n’ont en revanche que peu d’effet sur l’apparition d’infections nosocomiales ou de pneumonies secondaires, que ce soit dans le contexte d’une pneumonie grave ou d’un SDRA. L’étude relève également une incertitude importante quant à l’influence des corticostéroïdes sur les infections liées aux cathéters.
Un point important soulevé par cette recherche est l’absence de preuve d’une augmentation des complications infectieuses liées à l’utilisation de corticostéroïdes. Cette observation est cruciale, car la crainte d’accroître les infections était l’une des principales réserves concernant l’emploi de ces médicaments dans le traitement des pneumonies non liées au COVID-19.
Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Annales de médecine interne.
