Publié le 26 octobre 2023 18h30. L’ancien président américain Donald Trump a annoncé son intention d’imposer des contrôles à l’exportation de logiciels critiques en réponse à une annonce chinoise, non confirmée, de restrictions commerciales généralisées. Cette escalade verbale intervient alors que les deux plus grandes économies mondiales sont engagées dans une période de tensions commerciales et que l’avenir d’une rencontre prévue entre Trump et Xi Jinping est incertain.
- Donald Trump menace de contrôles à l’exportation de logiciels américains.
- La Chine est accusée de préparer des restrictions commerciales massives, bien que Pékin n’ait pas confirmé ces mesures.
- Les marchés boursiers ont réagi négativement à ces annonces, notamment les valeurs technologiques.
Donald Trump a déclaré sur sa plateforme Truth Social qu’il ordonnerait des contrôles à l’exportation sur tous les logiciels considérés comme critiques. Cette décision, selon l’ancien président, fait suite à une annonce de la Chine prévoyant l’imposition de contrôles complets sur les exportations de tous les produits à partir du 1er novembre. À ce jour, aucune déclaration officielle chinoise ne confirme ces restrictions généralisées.
Trump a qualifié la République populaire de Chine de plus en plus « hostile », affirmant que Pékin aurait envoyé des « lettres à des pays du monde entier » annonçant des restrictions sur l’exportation de métaux rares et d’autres matériaux stratégiques. Il a dénoncé une initiative « sortie de nulle part » susceptible de paralyser le commerce mondial et de nuire à de nombreux pays. Les produits chinois sont actuellement soumis à des droits de douane américains de 30 %. En représailles, la Chine impose des droits de douane de 10 % sur certains produits américains.
L’annonce, faite après la clôture des marchés, a entraîné une baisse des principaux indices boursiers. Les actions d’Intel et de Super Micro Computer ont chuté de 5 %, tandis que Nvidia a perdu 2 %. Advanced Micro Devices (AMD) et Micron ont enregistré des baisses respectives de 3,3 % et 2,8 %.
Les métaux rares sont des composants essentiels dans de nombreux produits de haute technologie, notamment les lasers, les équipements militaires, les aimants utilisés dans les voitures électriques et les composants électroniques des smartphones. La Chine domine l’approvisionnement mondial en ces minéraux, détenant environ 90 % de parts de marché.
Le gouvernement chinois a annoncé jeudi le renforcement de ses contrôles à l’exportation de métaux rares et des technologies associées. Les exportations de technologies d’extraction et de transformation de matières premières stratégiques sont désormais soumises à des restrictions. Cette nouvelle réglementation, entrée en vigueur immédiatement, concerne également les technologies liées au « montage, au réglage, à la maintenance, à la réparation et à la mise à niveau » des lignes de production. Pékin invoque des préoccupations de sécurité nationale, arguant que les métaux rares pourraient être utilisés dans la fabrication de biens militaires.
Des observateurs estiment que cette décision vise à renforcer la position de négociation de la Chine avant un sommet dont la tenue est désormais incertaine. Pékin utilise de plus en plus son pouvoir de marché comme un instrument politique. En avril, le gouvernement chinois avait déjà ajouté plusieurs métaux rares et matériaux associés à sa liste de contrôle des exportations.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Trump a également remis en question l’intérêt d’une rencontre avec son homologue chinois Xi Jinping. Il a déclaré qu’il ne voyait plus de raison valable de maintenir cette réunion, prévue en marge du sommet de la Communauté économique Asie-Pacifique (APEC) en Corée du Sud dans deux semaines. Plus tard, au Bureau Ovale, Trump a laissé entrevoir une certaine ouverture à la désescalade, sans toutefois s’engager fermement.
Interrogé sur la rencontre avec Xi Jinping, Trump a affirmé qu’il n’avait pas annulé la réunion, mais qu’il ignorait si elle aurait lieu. Il a précisé qu’il se rendrait de toute façon en Corée du Sud, laissant entendre que la rencontre pourrait se concrétiser. Trump et Xi Jinping s’étaient déjà rencontrés à plusieurs reprises lors du premier mandat de Trump, notamment à Osaka, au Japon, en 2019, et lors d’une visite de Xi Jinping à Mar-a-Lago, en Floride, en 2017.
Les États-Unis et la Chine ont intensifié les échanges de tarifs douaniers et de contre-tarifs cette année, et des tensions existent également dans d’autres domaines, tels que la construction navale. Cependant, les deux plus grandes économies mondiales ont convenu d’une pause de 90 jours dans le conflit commercial, qui doit prendre fin vers le 9 novembre.
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