Publié le 13 octobre 2025 à 12h08. Des recherches récentes démontrent que les bébés peuvent déjà distinguer différentes langues dans le ventre de leur mère, ouvrant de nouvelles perspectives sur le développement précoce du langage.
- Les bébés reconnaissent la langue maternelle de leurs parents dès la naissance.
- Ils peuvent également identifier des langues étrangères auxquelles ils ont été exposés pendant la grossesse.
- Cette découverte repose sur l’observation de l’activité cérébrale des nouveau-nés.
Une étude menée par des chercheurs montréalais et publiée dans la revue Nature Communications Biologie révèle que le développement du langage commence bien avant la naissance. Soixante femmes enceintes ont participé à cette recherche, et les scientifiques ont constaté que les bébés pouvaient non seulement reconnaître la voix de leurs parents, mais aussi les langues auxquelles ils étaient exposés in utero.
L’étude a suivi soixante femmes à leur trente-cinquième semaine de grossesse. Trente-neuf d’entre elles ont écouté des reportages en français, en allemand ou en hébreu. Trois jours après la naissance, des scanners cérébraux ont été utilisés pour évaluer la réaction des bébés à ces différentes langues. Les résultats ont montré que tous les nourrissons reconnaissaient le français, leur langue maternelle. De manière surprenante, ceux qui avaient été exposés à l’hébreu ou à l’allemand pendant la grossesse présentaient également une activité cérébrale spécifique, indiquant qu’ils reconnaissaient ces langues étrangères.
C’est la première fois que les chercheurs analysent directement l’activité cérébrale des nouveau-nés pour comprendre comment ils traitent le langage. Auparavant, les conclusions étaient basées sur l’observation du comportement des bébés, comme leur réaction à une voix familière ou les variations de leur rythme cardiaque en présence de sons connus.
Anne Gallagher, principale rédactrice à Scientific American, nuance ces découvertes :
« On ne peut pas affirmer que les bébés ‘apprennent’ une langue pendant la grossesse, mais différentes langues peuvent laisser une sorte d’empreinte sur le cerveau d’un nouveau-né. »
Selon Gallagher, cette recherche ne doit pas ajouter de pression supplémentaire aux parents désireux d’offrir le meilleur départ possible à leur enfant. La reconnaissance de différentes langues ne signifie pas que les bébés les apprendront plus rapidement que ceux qui n’y ont pas été exposés.
Cette étude contribue néanmoins à une meilleure compréhension du développement du langage chez l’enfant, ce qui pourrait à terme faciliter la détection précoce et la prise en charge des troubles de la parole et du langage.
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Source : Nature
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