Home SantéDe minuscules particules métalliques montrent un potentiel pour cibler les cellules cancéreuses : étude

De minuscules particules métalliques montrent un potentiel pour cibler les cellules cancéreuses : étude

by Sophie Martin

Publié le 25 octobre 2024 06:35:00. Des chercheurs australiens ont mis au point des nanoparticules capables de détruire sélectivement les cellules cancéreuses, ouvrant la voie à des traitements potentiellement plus efficaces et moins agressifs. Cette avancée, issue du Royal Melbourne Institute of Technology (RMIT), pourrait révolutionner l’approche thérapeutique contre le cancer.

  • Des nanoparticules d’oxyde de molybdène ciblent spécifiquement les cellules cancéreuses.
  • Les tests en laboratoire montrent une efficacité trois fois supérieure sur les cellules cancéreuses du col de l’utérus par rapport aux cellules saines.
  • La fabrication de ces particules à partir de matériaux courants pourrait réduire les coûts et améliorer la sécurité des traitements.

L’équipe du RMIT a développé ces minuscules particules, appelées nanodots, à partir d’oxyde de molybdène, un composé contenant le molybdène, un métal rare couramment utilisé dans l’électronique et les alliages. En modifiant leur composition chimique, les scientifiques ont permis à ces nanodots de libérer des molécules d’oxygène réactives, des formes instables d’oxygène qui endommagent les cellules cancéreuses et induisent leur autodestruction.

Les résultats des tests en laboratoire, publiés dans la revue Advanced Science, sont prometteurs. Les nanoparticules ont éliminé trois fois plus de cellules cancéreuses du col de l’utérus que de cellules saines en seulement 24 heures, et ce, sans nécessiter d’exposition à la lumière – une caractéristique inhabituelle pour les technologies basées sur le stress oxydatif.

« Les cellules cancéreuses vivent déjà sous un stress plus élevé que les cellules saines. Nos particules amplifient ce stress, juste assez pour déclencher l’autodestruction des cellules cancéreuses, tandis que les cellules saines restent relativement indemnes. »

Zhang Baoyue, chercheuse à la RMIT School of Engineering

Selon Zhang Baoyue, le processus induit un stress oxydatif sélectif au sein des cellules cancéreuses en conditions de laboratoire. L’intérêt majeur de cette approche réside dans sa capacité à cibler spécifiquement les cellules tumorales, contrairement aux traitements conventionnels qui affectent souvent les tissus sains et cancéreux de manière indiscriminée. Cette sélectivité pourrait permettre de développer des thérapies plus douces et mieux tolérées par les patients.

Un autre avantage significatif de ces nanoparticules est leur composition. Elles sont fabriquées à partir d’oxydes métalliques courants, évitant ainsi l’utilisation de métaux nobles coûteux ou potentiellement toxiques comme l’or ou l’argent. Cette caractéristique pourrait non seulement réduire les coûts de production, mais également améliorer le profil de sécurité de ces futurs traitements.

Il est important de noter que cette recherche en est encore à ses débuts. Les tests ont pour l’instant été réalisés uniquement en culture cellulaire et n’ont pas encore été étendus à des modèles animaux ou à des essais cliniques sur des humains. L’agence de presse Xinhua a rapporté ces premiers résultats.

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