Mis à jour le 26 octobre 2025 à 21h14. La cycliste néerlandaise Demi Vollering, figure de proue du cyclisme féminin, se livre sur les pressions et les malentendus qui jalonnent sa carrière, après une saison marquée par des controverses et une prise de conscience sur la santé mentale dans le sport.
Demi Vollering a été au centre de l’attention médiatique à plusieurs reprises ces derniers mois, d’abord lors de son départ de l’équipe SD Worx Protime, puis suite aux polémiques entourant la victoire de Pauline Ferrand-Prévot au Tour de France Femmes avec Zwift. Dans une interview accordée à de Volkskrant, la coureuse néerlandaise explique que ses propos sont souvent déformés, tout en affirmant sa volonté de ne pas se censurer.
« Pour moi, la question n’est souvent pas de savoir si je dois ou non parler de quelque chose. Si je ne le fais pas, je pense que je perds plus d’énergie parce que je passe tout mon temps à y penser. Je préfère le dire à voix haute. »
Demi Vollering
Vollering a passé quatre ans au sein de l’équipe SD Worx-Protime, remportant notamment le Tour de France Femmes avec Zwift en 2023. Son parcours a été marqué par une chute spectaculaire lors de l’étape 5 du Tour de l’année dernière, causée accidentellement par sa coéquipière Lorena Wiebes, et un manque de soutien perçu de la part de son équipe dans la poursuite. Elle avait alors terminé à la neuvième place du classement général, manquant de seulement quatre secondes de remporter l’étape finale.
La rupture avec SD Worx-Protime a été révélatrice pour Vollering, qui a exprimé sa frustration face à la gestion de son cas. Elle avait notamment dénoncé, dans un entretien à NRC.nl en novembre dernier, une annonce prématurée de son départ par le directeur sportif Danny Stam, alors qu’elle n’avait pas encore pris de décision.
« C’était comme une gifle. Je n’avais pas pris de décision et j’espérais toujours que l’équipe apporterait des changements. »
Demi Vollering
Vollering estime que cette situation est symptomatique des relations parfois fragiles au sein du sport professionnel. Elle confie avoir été déçue par des personnes qu’elle considérait comme des amies.
« Il y a beaucoup de personnes et de relations qui, avec le temps, se révèlent fausses. Je suis quelqu’un qui aime vite les autres, donc c’est assez difficile pour moi. L’hiver dernier, j’ai changé d’équipe, et avec ça, de coéquipiers. Il y a eu des moments où je me suis dit : wow, n’étions-nous pas amis ? Apparemment plus maintenant. C’était assez intense. »
Demi Vollering
Au-delà des enjeux sportifs, Vollering s’est également exprimée sur la question de la santé mentale. Elle a partagé sur les réseaux sociaux les difficultés qu’elle a rencontrées lors du Tour 2024 et l’importance de se confier à son entourage, citant l’exemple de sa coéquipière Mischa Bredewold qui l’a aidée à gérer son anxiété. Elle a également évoqué le cas d’un proche traversant une période difficile, soulignant la prévalence des problèmes de santé mentale chez les jeunes.
Lors de la cinquième étape de la Vuelta España Femenina, elle a déclaré :
« Je vois trop autour de moi que les jeunes ont du mal. Alors aujourd’hui, j’ai fait tout ce que j’ai pu parce que mentalement je sais que je suis très, très fort. Grâce à ma mentalité, je peux gagner de belles courses. Mais certaines personnes, leur cerveau est un peu trop fort dans la mauvaise direction et elles luttent et souffrent tellement avec leur santé mentale. Et c’est encore un problème tellement inconnu dans ce monde. »
Demi Vollering
Vollering reconnaît que sa franchise la rend vulnérable aux interprétations erronées et aux critiques. Elle affirme cependant qu’elle ne renoncera pas à exprimer ses opinions, tout en soulignant qu’elle ne reviendra pas indéfiniment sur les mêmes sujets.
Récemment, elle a dénoncé une déformation de ses propos concernant la perte de poids de Pauline Ferrand-Prévot, après sa victoire au Tour de France Femmes. Elle avait mis en garde contre les risques pour la santé liés à une obsession du poids, mais certains médias ont interprété ses remarques comme une critique envers la championne française. Elle a publié un message sur les réseaux sociaux pour clarifier sa position et dénoncer le sensationnalisme de certains médias.
« Cela m’a vraiment ennuyé ; cela s’est transformé en quelque chose de négatif à propos de Pauline et j’ai trouvé que c’était injuste. Elle n’a pas gagné le Tour seulement parce qu’elle était plus légère, mais aussi parce qu’elle s’était bien préparée. Les gens pensaient que je ne lui souhaitais pas de succès, mais ce n’était pas du tout le cas. »
Demi Vollering
