Publié le 11 octobre 2024 à 10h30. Pékin riposte aux taxes américaines sur les navires chinois en imposant des frais similaires aux compagnies maritimes basées aux États-Unis, intensifiant les tensions commerciales entre les deux pays.
- La Chine imposera des frais de 400 yuans (environ 56 dollars américains) par tonne nette aux navires américains accostant dans les ports chinois à partir du 14 octobre.
- Ces mesures sont une réponse directe aux taxes portuaires imposées par les États-Unis aux navires chinois le même jour.
- Les experts prévoient une hausse des coûts pour les consommateurs américains et une pression sur les compagnies maritimes.
La Chine a annoncé vendredi l’imposition de frais aux navires américains faisant escale dans ses ports, une mesure de rétorsion directe contre les taxes portuaires américaines entrées en vigueur le même jour. Pékin dénonce une « grave violation des principes du commerce international » et affirme que les mesures américaines ont causé des « dommages considérables » au commerce maritime sino-américain.
Les frais chinois s’élèveront à 400 yuans (environ 56 dollars américains) par tonne nette, un montant comparable aux 50 dollars américains par tonne nette prélevés par les États-Unis sur les navires chinois. Les deux pays ont également prévu une augmentation progressive de ces tarifs jusqu’au 17 avril 2028, avec une date d’entrée en vigueur identique pour chaque étape.
Selon Michael Hart, président de la Chambre de commerce américaine en Chine, cette décision aura des conséquences immédiates.
« À court terme, nous pouvons nous attendre à une augmentation des coûts pour les consommateurs américains, à une compression des marges bénéficiaires des compagnies maritimes et à une légère diminution de la demande d’exportations vers les États-Unis pour certains produits. »
Michael Hart, président de la Chambre de commerce américaine en Chine
Il estime que, à long terme, le marché pourrait se tourner vers des navires non chinois et non américains, mais ne s’attend pas à un regain de la demande pour les navires américains, en raison de leur coût élevé et des capacités limitées de construction navale aux États-Unis.
Les États-Unis ne représentent que 0,1 % de l’industrie mondiale de la construction navale, tandis que la Chine détient une part de marché de 53,3 %. C’est pourquoi, selon le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), l’administration américaine, d’abord sous Biden puis sous Trump, a mis en place une politique visant à imposer des taxes sur les navires de fabrication chinoise entrant dans les ports américains.
Le ministère chinois des Transports a précisé que les nouveaux frais s’appliqueront aux navires appartenant à des sociétés, organisations ou entités américaines détenant plus de 25 % des actions, ainsi qu’aux navires battant pavillon américain ou construits aux États-Unis.
Peter Alexander, directeur général de Z-Ben Advisors, considère cette escalade comme une simple stratégie de négociation.
« Il s’agit d’une logique de ‘donnant-donnant’ classique. Les États-Unis ont pris l’initiative, et la Chine a immédiatement répliqué. L’administration Trump continue de sous-estimer la Chine, tout en ignorant les effets secondaires et les conséquences plus larges de sa politique. »
Peter Alexander, directeur général de Z-Ben Advisors
Il souligne que Pékin a démontré à plusieurs reprises sa détermination à répondre aux mesures américaines par des contre-mesures similaires.
Cette annonce intervient après d’autres actions de rétorsion chinoises, notamment l’extension des restrictions sur les exportations de terres rares et l’ajout de la société de recherche sur les semi-conducteurs TechInsights à sa liste d’« entités non fiables ». Malgré un récent appel téléphonique entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping et une rencontre prévue en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) en Corée du Sud, les relations entre les États-Unis et la Chine restent tendues. Trump continue de promouvoir l’avancement de la transaction commerciale américaine concernant TikTok, mais l’attitude de la Chine reste réservée.
